Test réalisé sur PlayStation 5, après 12h de jeu, avec une version fournie par Rogueside Games.
Guitares saturées, hordes démoniaques et montée en puissance frénétique : Devil Jam transforme chaque run en concert infernal où survivre devient une performance.
Devil Jam ne se contente pas d’intégrer un gimmick musical à un survivor-like, il structure l’intégralité de son gameplay autour de cette idée. Là où beaucoup de jeux du genre reposent sur des attaques automatiques relativement passives, ici, chaque offensive est conditionnée par une mécanique centrale : la bande de guitare.
À l’écran, une piste défile en permanence, sur laquelle apparaissent des notes associées aux compétences choisies. Lorsqu’elles atteignent la zone d’activation, les attaques se déclenchent automatiquement. Ce fonctionnement pourrait donner l’impression d’un système passif, mais c’est en réalité tout l’inverse. Le joueur n’agit pas directement sur le déclenchement, mais il contrôle le contexte dans lequel ces attaques prennent effet. Le positionnement devient alors fondamental. Anticiper l’arrivée d’une note, se placer au cœur d’un groupe d’ennemis ou, au contraire, préparer une trajectoire de fuite au bon moment, conditionne directement l’efficacité de chaque compétence.
De plus le placement de certaines compétences passifs sur la bande influence les autres attaques. Comme la bande est découpée en rectangles (ou slots) sur trois lignes, chaque compétence influence un ou plusieurs slots de manière verticale, horizontale ou diagonale avec des patterns plus ou mois différents (2/3 slots horizontaux, 1 pattern en forme de croix).
Le choix des compétences et leur placement est donc fondamental ! Et ces compétences sont variées même si l’on reste dans un schéma classique du Survivor Like. Certaines frappent en zone autour du personnage, d’autres projettent des dégâts dans une direction donnée, tandis que certaines compétences installent des effets persistants sur le terrain. Comme chacune est calée sur un timing précis dicté par la piste, le joueur développe progressivement une lecture rythmique du combat. Il ne s’agit plus simplement de survivre à une vague, mais d’anticiper une succession d’impacts, presque comme une partition que l’on apprend à maîtriser.
La construction du personnage joue également un rôle déterminant dans cette dynamique. Chaque montée de niveau modifie la bande de guitare elle-même. Ajouter une compétence, en améliorer une autre ou créer des synergies change la densité et la fréquence des notes affichées. Plus la partie avance, plus la piste devient chargée, rendant la lecture plus complexe mais aussi plus riche en possibilités. Ce n’est pas une montée en puissance linéaire : un build mal pensé peut rapidement désorganiser le rythme et rendre l’ensemble difficile à exploiter, là où une construction cohérente transforme la partie en enchaînement fluide et maîtrisé.
En dehors des runs, Devil Jam adopte une structure qui évoque clairement celle de Hadès. Le joueur revient régulièrement dans un hub central, où il interagit notamment avec Satan. Ce point de passage ne sert pas uniquement de transition, mais constitue un espace de progression à part entière. Au fil des tentatives, on y débloque de nouvelles améliorations, des capacités supplémentaires ou encore des ajustements permanents qui influencent les runs suivantes.
Cette boucle de progression donne du sens à l’échec mais c’est un peu là les principes de Roguelite. Chaque tentative permet d’accumuler des ressources, de débloquer de nouvelles options et, surtout, d’affiner sa compréhension du système. Comme dans Hades, le jeu encourage à expérimenter différentes approches, à tester des combinaisons et à adapter progressivement son style de jeu. Le hub devient ainsi un prolongement naturel du gameplay, plutôt qu’un simple menu déguisé.
A noter également un système de quêtes directement accessible dans le hub, vous permettant de débloquer d’autres compétences et personnages. Vous pouvez comme tout Roguelite qui se respecte améliorer de manière permanente les attributs de vos personnages.
Coté direction artistique, les décors sont particulièrements soignés ! J’ai beaucoup aimé l’ambiance mélangeant métal, enfer, et gore. L’histoire pêche un peu par son manque d’originalité mais c’est hélas souvent le cas dans ce genre de production.
Au final, Devil Jam se distingue vraiment par sa mécanique de bande de guitare. J’ai trouvé ça vraiment original et bien pensé pour le coup. Pour tout le reste on reste sur du Survivor classique mais visuellement très bien réalisé.