Godfall, tout comme Miles Morales, marque le lancement de la PlayStation 5. Est-il le slasher-looter de référence que l’on attendait ?

Ce jeu a été testé sur PlayStation 5 avec une version physique fournie par le distributeur. Mon test de Godfall est basé sur une expérience solo, bien que la coopération soit permise (3 joueurs maximum).

Aperion, un monde de dieux

Godfall, tout comme Miles Morales, fait partie de ces titres disponibles au lancement de la PlayStation 5. Dévoilé mondialement en 2019, ce slasher-looter est développé par Counterplay Games et édité par Gearbox Software.

L’histoire se déroule dans le monde d’Aperion où une guerre fait rage. Les Valorian sont censés être les garants de la paix dans le monde mais suite à la trahison de l’un d’eux, Macros, les choses vont changer. Vous incarnez Orin, un Valorian, frère d’armes de Macros, laissé pour mort en voulant rétablir le cours des événements. Très vite, vous rencontrerez le Septième Oracle, qui vous aidera à retrouver Macros, vous venger et instaurer la paix.

On ne va pas se mentir, l’histoire de Godfall est vraiment prétexte. Les dialogues avec l’oracle et Zenun le forgeron que l’on rencontre après quelques heures de jeux sont dénués d’intérêt. De plus si vous voulez en savoir davantage sur le lore, vous serez obligé de récupérer des stèles (sortes de collectibles) durant vos différentes missions. C’est assez léger et je trouve assez dommageable car je suis persuadé qu’il y avait beaucoup de matière à proposer.

Une progression (trop) linéaire et (trop) répétitive

Une fois l’Oracle rencontré, la progression se fait successivement à travers 3 royaumes. Celui de la terre, de l’eau et de l’air. Le but étant de récupérer des sceaux pour débloquer la mission pour ensuite affronter l’un des généraux de Macros.

Chaque fin de mission marque un retour dans le hub central (zone où se trouve l’Oracle, et plus tard Zenun). S’en suit alors une discussion inintéressante, parfois plusieurs, avec les deux PNJ du jeu avant de retourner à votre prochaine quête.

Si les environnements sont très soignés, tout comme les effets de lumière et de particules lors des combats, on sent rapidement une répétitivité dans la progression. Chaque royaume correspond en réalité à une gigantesque carte où l’on commence à des points d’apparition différents selon la mission. Mais vous passez systématiquement par des zones que vous connaissez déjà. Cela rend la progression très/trop répétitive.

Pire encore, une fois que vous avez terminé les missions principales d’un royaume, vous devrez sélectionner des quêtes annexes de votre choix, pour récupérer les sceaux nécessaires pour combattre le boss. On refait donc sans cesse les mêmes niveaux, les mêmes zones, pour farmer afin de progresser vers le monde suivant.

Une direction artistique soignée dont on se lasse rapidement

Comme dit précédemment, les environnements sont sublimes. Il en va de même pour le design des Valorplates, armures que porte les Valorians. Puisant son inspiration notamment dans Saint Seiya ; avec des armures ressemblant à celles du chevalier du Taureau ou encore des Gémeaux ; cet équipement divin en jette vraiment. On se sent vraiment supérieur quand on les porte.

Il y a 12 Valorplates dans le jeu, et la première est automatiquement débloquée (puisqu’Orin la porte). Selon celle que vous portez, votre voix changera, tantôt celle d’une femme, tantôt celle d’un homme. Ce changement est expliqué par le fait que les Valorians ne sont en réalité que des réceptacles à Valorplates.

Lors des combats, les effets spéciaux sont nombreux et assez plaisants. Très soigné, on prend du plaisir à utiliser toutes les compétences nécessaires, notamment le brise-âme (j’en parle après), qui fait exploser l’ennemi en un amas de particule.

Même si les décors sont assez léchés, on ne peut s’empêcher de penser que les trois royaumes reposent beaucoup sur le même type de structure et que seuls les textures changent au final. Puisque les missions se suivent et se ressemblent, on ne fait plus attention aux décors, si bien que la lassitude prend rapidement l’ascendant sur la contemplation. Quant à la zone finale, la tour, elle présente peu d’intérêt en terme de « game design ».

Un gameplay nerveux qui défoule

J’ai personnellement trouvé en Godfall, un bon défouloir, surtout en cette fin d’année. Le gameplay est ultra nerveux et vraiment prenant.

De base vous n’avez que très peu de compétences de combats. Lors de certaines missions ou en gagnant un niveau, vous obtiendrez un point que vous pourrez attribuer dans l’arbre des compétences. Vous pouvez à tout moment réinitialiser et recommencer l’attribution sans perdre pour autant vos points.

Via cet arbre vous pourrez acquérir de nouvelles techniques de combats, comme les techniques du Nord et du Sud (qui changent selon l’arme équipée), la Percée ou le lancer de bouclier, mais aussi améliorer la compétence déjà acquise par 5 fois.

Une fois le brise-âme acquis, vos combats seront nettement simplifiés. En attaquant avec vous retirez temporairement une jauge de vie à votre adversaire. Une fois la jauge suffisamment remplie, vous pouvez attaquer avec , retirant à la jauge de vie principale, toute la jauge temporairement acquise. Bien souvent, avec cette technique, vous achevez votre ennemi. Mais vous pouvez également l’éliminer uniquement avec ou . Cela prendra un peu plus de temps et restera bien moins efficace.

Chaque Valorplate confère une colère d’Archon différente. C’est une technique puissante dont la jauge se remplit au fil du temps et en tuant des ennemis. Certaines auront pour effet d’améliorer vos attributs, tandis que d’autres invoqueront des sentinelles pour vous aider.

Enfin on notera la possibilité de pouvoir renverser des ennemis pour exécuter ensuite un finish-move. D’ailleurs la plupart des boss sont tués par cette exécution finale, appelée « Démolition ». Si sur le papier, c’est vraiment une bonne idée, la réalisation de ces derniers manquent parfois cruellement de finition.

Un slasher-looter avant tout

Godfall est un slasher-looter avant tout. C’est simple tout est prétexte au loot : casser des objets de l’environnement (ex : vases), tuer des ennemis, lancer votre bouclier sur des items de loot qui flottent dans l’air, ouvrir des coffres, etc.

Ce loot peut-être de quatre niveaux différents : commun, rare, légendaire et épique. Le niveau de l’équipement dépend du votre (50 au maximum). Je trouve dommage qu’au niveau 50, on puisse encore looter des objets communs ou rares, avec du coup, de faibles attributs. Alors oui on peut les recycler dans le menu mais c’est vraiment une perte de temps. Je n’aurai pas été contre une option de démantèlement automatique.

Depuis la rédaction de ce test, une mise à jour autorise le recylage par sélection multiple. C’est une option très appréciable, mais qui aurait du être mise en place dès le début.

Une fois que vous avez sauvé Zenun, vous pourrez améliorer l’intégralité de votre équipement (5 fois au maximum par pièce d’équipement) via la forge, qui se trouve elle aussi au hub central. Toutefois, si vous améliorez vos pièces avant le niveau 50, il se peut que vous lootiez des pièces de niveau plus puissantes que celles que vous avez améliorer au max. Vous aurez perdu des ressources pour rien (et obtenir le nombre suffisant pour certaines d’entre elles est assez long).

Enfin il y a plusieurs types d’armes que vous pouvez obtenir. Du marteau, en passant par l’épée à une ou deux mains aux doubles-lames, vous aurez l’embarras du choix. De l’arme dépend votre manière de jouer. En utilisant un marteau ou une épée à deux mains, vous serez plus lent mais infligerez plus de dégâts, à l’inverse, par exemple des doubles-lames.

De gros ralentissements

Godfall souffre de nombreux ralentissements, saccades et bugs en tout genre sur lesquels je ne pouvais pas passer outre dans ce test, tellement ça m’a énervé.

Tout commence dans l’interface du menu principal. J’ai été frustré par son utilisation, pour plusieurs raisons. Tout d’abord lorsque l’on modifie son équipement. On sélectionne l’équipement à changer, on choisit parmi la liste et quand on valide/annule on revient tout en haut du menu en cours de sélection. Quand on change tout son équipement, c’est usant. Et je ne vous cache pas que perso je n’ai modifié mon équipement que lorsque je peinais dans certains combats…

Il en va de même pour naviguer dans le menu des amplifications. Sur ce même menu, il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup trop de lenteur. Comme il est utilisé pour améliorer ses attributs de puissance, esprit et vitalité de manière parfois assez conséquente (surtout au niveau 50), cela rendait la tâche compliquée. Pour un jeu en 2020, selon moi, ce n’est pas tolérable.

Je ne parle pas du codex, qui est vraiment mal fichu pour trouver une information sur une manière de combattre un ennemi ou même l’histoire du jeu.

Par ailleurs, la navigation entre les différents onglets se fait avec L1/R1 et dans les sous-onglets avec L2/R2. Je ne sais pas expliquer pourquoi mais j’aurai inversé : onglets principaux avec L2/R2 et les autres avec L1/R1. Je me suis trompé un nombre incalculable de fois. Ce n’était vraiment pas naturel…

Enfin, à partir de 2/3 heures, le jeu souffrait de ralentissements. La navigation dans le menu était déjà bien énervante, cela n’arrangeait rien du tout. Pire encore, il m’est arrivé que le jeu plante tout simplement (bien souvent autour des 3/4h de jeu consécutive). Godfall manque d’optimisations sur de nombreux points et les derniers patchs ne semblent pas avoir corrigé ces problèmes.

Un jeu divin ?

La cinématique d’ouverture de Godfall laissait entrevoir de bonnes choses. Malheureusement le scénario ne décolle jamais et tout est joué dès la première heure. Les dialogues avec le Septième Oracle et Zenun sont ennuyeux au possible. Les environnements, décors de fond, effets de particules sont particulièrement réussis mais on n’y prête plus attention tellement les royaumes se ressemblent dans leur structure. Les design des Valorplates relèvent grandement le niveau. Elles sont tout bonnement superbes.

La progression est linéaire et répétitive à souhait. On passe sans cesse par les mêmes zones et quand il faut farmer jusqu’au niveau 50 ou pour obtenir un équipent décent pour réussir les 50 étages de la Tour Infinie, dont la difficulté est démesurée par rapport au reste de l’aventure, on s’ennuie.

Le jeu souffre de gros problèmes d’optimisations, que ce soit dans les menus ou pendant les phases de loot avec beaucoup d’items (quand on tue un boss par ex). J’espère que les patchs futurs viendront corriger ces défauts et que des DLC ou pourquoi pas une suite (même s’il est trop pour en parler j’imagine), viendront combler le vide scénaristique.

Points positifs :

  • Coloré et assez joli
  • Les Valorplates qui sont magnifiques
  • Les boss et le bestiaire varié
  • Coopération permise
  • Globalement ça défoule

Points négatifs :

  • La tour infinie trop inégale en difficulté par rapport au reste
  • Scénario joué d’avance
  • Dialogues ennuyeux
  • Progression répétitive
  • De trop nombreuses saccades et autres ralentissements
  • Ergonomie et optimisation des menus sérieusement à revoir
  • Manque une option de démantèlement automatique
12/20

Laisser un commentaire sur cet article

Vous voyez ce message parce que vous n'êtes pas connecté(e). Si vous postez un commentaire, celui-ci sera en attente de modération et ne sera pas visible immédiatement.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.