Test réalisé sur PlayStation 5, après 20h de jeu, avec une version fournie par PlaySide Studios.
MOUSE: P.I. For Hire s’impose comme l’une des sorties les plus surprenantes et mémorables de ce début d’année 2026, mêlant FPS nerveux et esthétique cartoon des années 30 avec une maîtrise époustouflante.
Mon test en moins d’une minute sur TikTok :
@imerodblog 🧀 Un FPS en noir et blanc inspiré de l’animation rubber hose des années 30 ? Oui ça existe, ça s’appelle MOUSE P.I. For Hire, ça vient de sortir et c’est une tuerie. Mon avis en moins d’un minute. #tiktokgaming#gaming#mousepiforhire#indiegame#fyp @mousethegame @playside.studios
MOUSE: P.I. for Hire ou quand un studio polonais ressuscite les cartoons des années 30
Derrière MOUSE: P.I. for Hire se cache Fumi Games, un studio indépendant polonais épaulé par l’éditeur australien PlaySide Studios. Révélé au grand public en avril 2024 lors de la conférence The Triple-i Initiative, le jeu est sorti le 16 avril 2026 sur PC (Steam), PlayStation 5, Xbox Series et Nintendo Switch 2, après deux reports successifs.
L’inspiration principale est évidente dès les premières secondes : la direction artistique puise dans l’animation rubber hose typique des premiers cartoons de Disney en noir et blanc, et la représentation des souris anthropomorphes rappelle directement le court-métrage Steamboat Willie, réalisé en 1928 par Walt Disney. Le jeu s’inscrit également dans la tradition des boomer shooters, ces FPS rapides et intenses qui rappellent l’âge d’or du genre.
Au doublage, c’est la voix reconnaissable de Troy Baker, que l’on ne présente plus, qui prête ses cordes vocales au protagoniste Jack Pepper. Le comédien s’amuse visiblement dans ce rôle moins sérieux, et son phrasé hard-boiled de détective désabusé ne tombe jamais dans la parodie grossière. L’ensemble du casting vocal est à l’avenant, avec des PNJ mémorables qui participent pleinement à l’ambiance unique du jeu.
Le gameplay de MOUSE: P.I. for Hire, une leçon d’animation
Le cœur du jeu repose sur un FPS au rythme soutenu, enrichi de mécaniques originales qui le distinguent clairement de ses concurrents. Les combats sont nerveux et jubilatoires : les ennemis se comportent comme de vrais personnages de dessins animés, enchaînant répliques hilarantes, grimaces exagérées et animations de mort spectaculaires. Un ennemi explosé ne laisse qu’une paire d’yeux clignotants sur un tas de cendres. C’est systématiquement savoureux.
L’arsenal est généreux et varié : tommy gun crépitant, pistolet à acide, fusil à glace permettant de congeler puis de fracasser les ennemis, et bien d’autres. Chaque arme dispose d’un tir alternatif qui en modifie radicalement l’usage. Mieux encore, toutes peuvent être améliorées grâce aux blueprints (schematics) récupérés dans les niveaux : chaque arme nécessite 9 schematics pour atteindre son niveau maximum, que l’on applique aux stations B.A.N.G. disséminées un peu partout. C’est un système de progression qui récompense l’exploration et pousse à fouiller chaque recoin.
Les coffres-forts et autres cadenas constituent l’un des moments forts du gameplay de MOUSE: P.I. for Hire. Pour les ouvrir, il faut maîtriser le mini-jeu de crochetage : on guide la queue flexible de Pepper à travers un labyrinthe de goupilles en évitant les piques. Sur les coffres noirs, une limite de temps s’applique et si l’on échoue, le coffre se bloque définitivement. Un système de tension bienvenu qui donne du piment à chaque tentative.
Les combats de boss sont clairement le point culminant de l’expérience. Loin de se résumer à des ennemis avec une grosse barre de vie, chaque boss possède ses propres mécaniques et une vraie personnalité. La jauge de vie ennemie s’affiche tout en haut de l’écran lors de ces affrontements (dans le plus pur style des jeux d’arcade) et confère à ces moments une tension théâtrale parfaitement dans le ton. Le jeu veille également à ce que le joueur arrive bien équipé avant ces grandes confrontations, ce qui les rend excitantes plutôt que frustrantes.
Bienvenue à Sourisville !
Entre chaque mission, le jeu ne vous coupe pas brutalement avec un simple écran de chargement. MOUSE: P.I. for Hire propose une carte interactive en vue de dessus dans laquelle on conduit pour se déplacer entre les missions et les points d’intérêt de la ville. C’est charmant, cohérent avec l’univers, et ça donne une vraie sensation de vie à Sourisville.
Au volant de sa voiture noire de détective, Jack Pepper sillonne les rues de la cité dans cette vue aérienne dessinée dans le même style rubber hose que le reste du jeu. On y repère visuellement les différents quartiers (ruelles sombres, port, studios de cinéma, marécages) et l’on se rend aux points d’intérêt : démarrage de mission, boutiques, PNJ donneurs de boulots, ou encore les spots où disputer des parties de cartes.
Des arrêts de type roadhouse jalonnent également la carte, offrant des haltes bienvenues entre deux enquêtes. Cette navigation en voiture évite toute rupture du rythme et renforce constamment l’immersion dans cet univers cohérent de A à Z.
Les à-côtés : boulots, cartes de baseball et mini-jeux cachés
En dehors de la campagne principale, le jeu propose des quêtes secondaires appelées les » petits boulots » : de petites enquêtes confiées par les habitants de Sourisville, qui permettent d’approfondir les relations de Jack Pepper avec les personnages secondaires. Ces missions optionnelles contiennent certains des dialogues les plus drôles du jeu et valent amplement le détour.
Pour les complétionnistes, les collectibles sont nombreux et variés. On retrouve notamment des journaux d’époque, des figurines secrètes et surtout les fameuses cartes de baseball. Ces cartes ne sont pas de simples objets à cocher : elles servent de monnaie d’échange pour un mini-jeu de cartes que l’on peut disputer à différents endroits de la ville, ajoutant une couche de profondeur ludique complètement inattendue dans un FPS. Une partie orientée 100% peut facilement dépasser les 20 heures de jeu.
Une direction artistique hors du commun, entre film noir et cartoons d’antan
C’est là que MOUSE: P.I. For Hire atteint véritablement une autre niveau. Chaque image du jeu a été dessinée à la main, image par image, recréant l’animation rubber hose des cartoons classiques comme Steamboat Willie ou Betty Boop avec un soin méticuleux. Les personnages et objets importants rebondissent sur place avec une élasticité joyeuse, leurs épais contours d’encre noire se détachant sur le style mat plus doux des environnements 3D. Ce mariage entre sprites 2D dessinés à la main et environnements 3D est unique sur le marché et fonctionne à la perfection.
En adoptant le style d’animation rubber hose pionnier du début du XXe siècle, le jeu dégage l’énergie bondissante des premiers Disney ou des studios Fleischer. Ce style n’est pas un simple habillage : il est tissé dans le tissu même du jeu. Grâce à lui, le studio peut se permettre bien plus de carnage qu’un jeu réaliste (décapitations, immolations, ennemis fracassés après congélation) tout en conservant un charme indéniable.
Les clins d’œil aux œuvres d’époque sont nombreux et jouissifs : une référence directe à Popeye avec les boîtes d’épinards qui font gonfler instantanément les muscles de Jack, un compteur de munitions affichant une balle vivante et expressive différente selon l’arme utilisée, qui s’agite d’excitation ou rit comme un fou à chaque tir.
La bande-son, composée par Patryk Scelina, est sans doute le point culminant du jeu après la direction artistique. Lors des séquences d’enquête plus calmes, la musique jazz se fait langoureuse, avec des lignes de basse traînantes et des accords de trompette sourdine. Pendant les fusillades, elle s’emballe en un big band frénétique. Notons également la présence du groupe franco-parisien Caravan Palace au sein de la bande originale, dont un morceau figure sur le vinyle collector de l’édition Sourisville.
Une pépite indé qui marque l’année 2026
MOUSE: P.I. For Hire est une réussite éclatante et presque insolente pour un studio indépendant à sa première grande production. Fumi Games a réussi là où beaucoup auraient échoué : créer un jeu dont le concept fort n’est pas qu’une coquille vide.
La direction artistique rubber hose dessinée à la main est époustouflante et totalement cohérente du début à la fin. J’adore ce style et si vous aussi, Cuphead est tout aussi bon.
Le gameplay de FPS nerveux, enrichi par le crochetage de coffres, les blueprints d’armes et les boss mémorables, restent engageant sur la durée. La carte en voiture vue de dessus ajoute une cohérence et un charme supplémentaires à l’univers. Les boulots, les cartes de baseball et leur mini-jeu apportent une vraie profondeur à la ville de Sourisville.
Troy Baker et la bande-son jazz de Patryk Scelina achèvent de faire de cette expérience quelque chose d’inoubliable. Un jeu qui restera comme l’une des grandes surprises de 2026.
Points positifs :
- Direction artistique rubber hose absolument unique, dessinée image par image à la main
- Bande-son jazz somptueuse
- Gameplay FPS solide et nerveux avec des mécaniques inventives
- Doublage excellent porté par Troy Baker et un casting vocal savoureux
- Carte en voiture vue de dessus charmante et immersive entre les missions
- Contenu généreux pour son prix (7-9h en ligne droite, 20h+ en complétionniste)
- Mini-jeu de cartes de baseball inattendu et bienvenu
- Écriture savoureuse, humour maîtrisé, références culturelles bien dosées
Points négatifs :
- Le mini-jeu d’ouverture des coffres manque d’évolution et devient trop facile passé le début
- Aucun mode New Game+ ni contenu post-campagne
- Les missions ne peuvent pas être rejouées une fois le jeu terminé











