Test réalisé sur PlayStation 5, après 10h de jeu, avec une version fournie par 4Divinity.

Realm of Ink plonge dans un monde peint à l’encre de Chine où le destin se réécrit à coup de lame, run après run.

Développé par Leap Studio et édité par 4Divinity, Realm of Ink est un roguelite d’action en 2.5D. On incarne Rouge, une guerrière à l’épée lancée à la poursuite d’un Démon Renard, qui découvre une vérité glaçante : sa vie tout entière est déjà écrite dans les pages d’un livre d’encre. Pour s’en échapper, elle devra affronter illusions, ennemis et boss en cherchant à réécrire son propre destin, mort après mort. Le pitch est simple, mais il pose une toile narrative suffisamment évocatrice pour donner du sens à chaque run.

Ce qui frappe d’emblée, c’est la direction artistique. Realm of Ink s’inspire des peintures traditionnelles chinoises à l’encre de lavis pour construire un univers visuellement saisissant. Les décors semblent sortir de rouleaux peints à la main, les ennemis ressemblent à des créatures issues de vieilles légendes, et chaque affrontement laisse des traces d’encre qui renforcent l’identité graphique du titre. Dans un genre saturé de roguelites interchangeables, cette patte visuelle unique permet au jeu de se démarquer instantanément.

Le système de combat est l’autre grande force du titre. Rouge se déplace avec une fluidité remarquable, enchaîne les attaques avec précision et s’adapte en permanence aux configuration de chaque run grâce aux Reliques d’encres et à un catalogue de plus de 200 bonus et artefacts (curiosités) à débloquer. Le système de formes de combat, qui permet de basculer entre différents styles selon ses choix de build, offre une vraie profondeur tactique et des synergies plaisantes à découvrir. La familière Momo, compagnon évolutif qui change de forme selon les reliques équipées, ajoute encore une couche de personnalisation bienvenue.

La progression entre les runs se fait via l’Auberge, refuge où l’on débloque améliorations, alliés et nouvelles formes de combat. Les runs s’enrichissent naturellement, et la narration se tisse en arrière-plan, à travers des échanges avec les PNJ, des fragments de lore et des révélations distillées au fil des parties. L’écriture ne prend jamais le dessus sur l’action, mais elle donne une raison émotionnelle de continuer à jouer, ce qui est loin d’être le cas dans tous les roguelites du genre.

Quelques réserves s’imposent cependant. Des problèmes de balance et quelques bugs techniques ont été signalés à l’ouverture, et certains joueurs pourront trouver la lisibilité en combat parfois confuse face à des écrans chargés d’effets visuels (que l’on peut désactivé toutefois via les paramètres). Le jeu propose aussi un crossover avec BlazBlue Entropy Effect incluant le personnage jouable Oread, mais ce genre de collaboration croisée ne convainc pas toujours les non-initiés.

Au final, Realm of Ink s’impose comme un roguelite abouti, porté par un style artistique immédiatement identifiable, un gameplay nerveux et généreux en contenu. Malgré quelques aspérités techniques, c’est une excellente surprise qui mérite l’attention de tout fan du genre.

Qu’est-ce qu’un Q.T.E. ?

14/20

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