Disponible depuis plus d’une semaine en exclusivité sur PS5, Returnal, du studio Housemarque, est-il l’exclusivité que l’on attendait ?

Test réalisé sur PS5, à partir d’une version digitale PS5, fournie par l’éditeur, après plus de 70h de jeu, trophée platine obtenu.

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Quatre ans depuis Matterfall

Vous avez certainement entendu parler du studio Housemarque, qui est à l’origine de jeux comme Super Stardust, Resogun, Dead Nation ou dernièrement Matterfall. Cela fait depuis 2017 que le studio n’avait pas produit un titre pour les consoles PlayStation.

Réputé pour ses jeux très nerveux, aux allures de shoot’em up, c’est la première fois que le studio s’essaie au genre roguelite. Alors quand en plus, ils prennent le risque de mêler ce qu’ils savent faire de mieux (du shoot) avec un nouveau genre (roguelite), le tout en TPS, il est légitime de se poser des questions et de craindre le pire.

Exclusif à la PlayStation 5, Returnal est-il la nouvelle bombe qui met en avant la dernière console de Sony ?

Atropos, berceau d’une civilisation perdue

Vous incarnez Sélène, qui à bord de son vaisseau Hélios, atterrit en catastrophe sur la planète Atropos. Son moyen de transport désormais inutilisable, Sélène doit trouver un moyen de quitter cette planète.

Coincé dans une boucle temporelle, où chaque mort n’est qu’un éternel recommencement, Sélène devra faire face à ses démons intérieurs d’une part, et affronter une planète en perpétuelle évolution d’autre part.

L’intrigue et l’univers teintée de science-fiction proposent dès les premières minutes de jeu, une ambiance singulière. Personnellement, c’est tout ce que j’aime. Malheureusement, on se rend vite compte, que le genre roguelite, inhérent à Returnal, a pour conséquence une narration assez découpée, composée en plus de journaux de reconnaissance, qui donnent un maximum d’informations certes, mais dont leur collecte est altérée par le dieu du random.

Mourir n’est qu’une étape de plus

Si l’on pouvait avoir quelques doutes sur la capacité du studio finlandais à proposer pour la première fois un TPS/Roguelite/Shoot, ils s’envolent rapidement dès les premières minutes de jeu. Returnal est très nerveux, dynamique, fluide, et viendra rapidement s’imposer tout simplement comme l’un des meilleurs jeux du studio.

Même si les mécaniques de gameplay sont finalement simples dans leur compréhension, il sera plus difficile de les maitriser au début, si bien qu’il ne sera pas rare de voir certains joueurs abandonnés.

Car oui, c’est indéniable, vous allez mourir, plus d’une fois. Si cela vous pose problème de « perdre » parfois jusqu’à plus de 3h de jeu, alors sachez que ce jeu n’est tout simplement pas fait pour vous.

Returnal fonctionne avec un système de cycle. A chaque mort, vous recommencez au début de l’aventure. Mais ce sera à chaque fois un peu plus facile. En effet, si la plupart des objets que vous ramasserez sont éphémères et ne sont pris en compte que pour le cycle en cours, d’autres sont permanents. C’est notamment le cas des compétences associées à votre combinaison et celles attachées aux armes. Less premières vous permettront d’accéder à des endroits inaccessibles auparavant. Et vous pourrez donc récupérer des objets supplémentaires.

Mais la réelle différence se fera sur les compétences d’armes. En ramassant de nouvelles armes, vous constaterez que certaines compétences y sont associées. Lorsqu’il s’agit d’une compétence nouvelle, vous devrez la débloquer pour qu’elle soit associée définitivement (mais aléatoirement) sur l’arme. Et pour la débloquer, il faut tuer des ennemis. Qui plus est, chaque compétence possède trois niveaux. Autrement dit, elle sera plus puissante au niveau 3. Enfin sachez que le pourcentage de déblocage est conservé entre chaque cycle, vous évitant ainsi devoir absolument terminer la progression pour le cycle en cours.

En tuant des ennemis ou en ramassant des « calibrateurs » votre maîtrise d’arme augmente. Elle correspond ni plus ni moins qu’à la puissance des armes ramassées. Plus la maîtrise est élevée, plus il y aura de compétences attachées à l’arme.

Enfin très vite, les armes posséderont par défaut un tir secondaire (plus puissante que le tir principal). À noter que celui s’enclenche en appuyant complétement sur la gâchette gauche, mettant ainsi en avant les gâchettes adaptatives de la DualSense. Le jeu propose une panoplie d’armes assez conséquente ainsi que des consommables qui aideront grandement votre progression dans les biomes (=niveaux du jeu).

Pour la petite information, après plus de 70 heures de jeu, je n’ai pas débloqué toutes les armes !

Pour finir sachez qu’à force de jouer, vous débloquerez d’un côté un translocateur vous permettant de vous téléporter entre certaines zones, et d’un autre côté des raccourcis, favorisant ainsi la traversée des biomes dans les futurs cycles.

Returnal est aussi un jeu de microgestion

Si le principe de cycle ou d’éternel recommencement est l’un des concepts majeurs du jeu, d’autres sont à prendre en compte, même s’ils ne sont valables que pour la partie en cours. Ils sont assez nombreux et au fur et à mesure de votre avancée, vous les utiliserez sans même vous en rendre compte.

Citons d’abord les concepts d’adrénaline et de surcharge. À chaque fois que vous tuez des ennemis, votre niveau d’adrénaline augmente. À chaque palier majeur (5 maximum) vous débloquez des compétences. Toutefois si vous subissez des dégâts, votre adrénaline redescend à 0 et vous perdez les effets bénéfiques débloqués auparavant.

Vous constaterez rapidement que toutes les armes ont des munitions infinies. Cela ne signifie pas pour autant que vous pourrez tirer en continu. En effet, selon le type d’arme, et à force de tirer, votre arme sera rapidement en surcharge, bloquant ainsi la possibilité de tirer. Une barre défile (plus ou moins vite, cela dépend de plusieurs composantes) alors sur le réticule de visée et vous devrez appuyer sur lorsque celle-ci passera dans le rectangle central pour à nouveau être en mesure de tirer. Si vous loupez le « QTE », il faudra attendre un peu plus longtemps pour shooter à nouveau. C’est aussi simple que ça ! Contrer une surcharge vous sauvera la mise un bon paquet de fois, ne la sous-estimez pas !

Il existe d’autres concepts primordiaux que vous devrez assimiler rapidement si vous souhaitez avancer dans l’aventure. Ainsi les parasites peuvent vous apporter beaucoup, autant qu’ils peuvent vous pénaliser. Comme vous connaissez d’avance quel est le bonus et le malus associé au parasite, ce sera à vous de faire le bon choix : le prendre ou non. Et ce choix ne sera pas le même selon le type de joueur, selon votre manière de jouer et d’appréhender le titre. Mais il faut analyser le cycle en cours dans son ensemble. Si vous avez un module statistique vous octroyant 20% de protection supplémentaire et qu’un parasite vous retire 10% de protection et possède d‘un autre côté un bonus très intéressant, alors finalement ça vaut peut-être le coup de le prendre. Et c’est là toute l’intelligence du gameplay.

Enfin, indéniablement, si vous souhaitez survivre dans Atropos, vous devez avant tout explorer au maximum ce qui s’offre à vous. C’est en parcourant les nombreuses zones de chaque biome que vous découvrirez des objets qui faciliteront votre avancée : reliques, consommables et autres modules statistiques. Même s’ils ne sont valables que pour le cycle en cours, ils peuvent grandement vous faciliter la tâche, à condition de correctement les gérer. Ce sera également avec parcimonie que vous devez utiliser les obolithes, la ressource clé de Returnal. C’est avec celle-ci que vous pourrez acquérir des items (à l’aide des fabricateurs) précieux pour le reste du cycle.

Un monde en perpétuelle évolution

La planète Atropos est en perpétuelle évolution. Chaque niveau ou biome est composé de salles optionnelles ou/et principales. Les différents enchaînements de salle sont générés de manière procédurale, rendant un cycle différent d’un autre. Les ennemis à l’intérieur des salles peuvent être différents d’une partie à l’autre, nous mettant parfois devant une désagréable surprise (« ah non pas ces ennemis ! »).

Toutefois à force de jouer, vous appréhenderez vite la structure de celles-ci au point de les connaître par cœur. C’est un concept propre au roguelite, ce n’est donc guère étonnant.
J’ai trouvé cependant dommage que la structure de certains biomes soit identique. Par exemple le biome 4 est plus ou moins une copie du 1 avec des textures différentes.

Les différents biomes sont plutôt jolis dans l’ensemble, le tout étant affiché en 4K/60fps, avec du Ray Tracing. Si en plus vous avez un écran bénéficiant du HDR, ce sera un réel plaisir de jeu. La DualSense est mise à l’honneur avec une utilisation des vibrations maitrisée (pluie, eau, sols différents, etc.).

Les effets visuels sont très réussis notamment dans le dernier biome, où les ennemis se feront un plaisir de vous balancer toutes les « bullets » qu’ils ont en leur possession. Dans certaines salles remplies d’opposants, le 60fps n’est hélas pas constant (comme le montre bon nombre de vidéos sur le sujet) mais je n’ai perçu aucun ralentissement. En revanche des problèmes de sons apparaissent fréquemment, avec une coupure nette suivie d’un grésillement sonore au volume plus élevé. C’est assez désagréable pour le souligner, surtout lorsque l’on joue au casque.

Le bestiaire est très varié et la panoplie d’attaques des ennemis va crescendo, si bien qu’il faut sans cesse être bien équipé avant de pénétrer dans une nouvelle salle. Soulignons les combats de boss, concluant un biome, qui sont tout simplement dantesques. Ils sont découpés en 3 phases, avec à chaque fois des nouvelles attaques et donc de nouveaux patterns à assimiler. Il n’est pas étonnant de voir que les premières rencontres se soldent rapidement par un échec. Et Les causes sont nombreuses : parce qu’on était mal préparé, parce qu’on n’a pas eu le temps d’assimiler les patterns assez rapidement, etc.

Mais c’est d’autant plus gratifiant lorsque l’on revient et qu’on sort vainqueur de l’affrontement : entre le cri du boss qui meurt et l’explosion de particules qui en découle, c’est très jouissif !

On y retourne avec plaisir ?

Cela faisait un moment que je n’avais pas ressenti un tel plaisir pour un jeu. Sur le papier, je ne m’attendais pas à moins car tout était fait pour me plaire : c’est technique avec beaucoup de notions à assimiler pour pas se perdre en route, il y a du challenge, les combats de boss sont dantesques et la DualSense est mise à l’honneur.

Malgré de nombreux bugs au lancement (crash du jeu nécessitant un redémarrage de la console, freezes, sauvegarde corrompue après la mise à jour 1.3.3, etc.) dont personnellement je n’ai été que très peu victime, Housemarque signe ici, pour moi, l’un de ses meilleurs jeux.

Les environnements sont superbes même si certains biomes sont réutilisés avec de nouvelles textures. On se souviendra plus des combats de boss dont chaque phase monte en puissance, avec le clou du spectacle lorsque l’on en sort vainqueur.

Le concept même de roguelite inhérent à Returnal, pêche un peu en défaveur de l’intrigue principale, qui pour le coup est décousue et difficile à suivre. La collecte des différents journaux de reconnaissance pour tenter d’y voir plus clair, laissera bon nombre de joueurs sur la route, de par leur apparition trop aléatoire.

Si vous avez une bonne résilience à l’échec, surtout durant les premières heures de jeu, alors vous arriverez au bout de l‘aventure sans problème. Beaucoup plus punitif qu’un Bloodborne et autres Souls, de par sa dynamique, Returnal n’en déplaira pas moins aux joueurs qui cherchent un peu d’adrénaline et d’intensité !

Points positifs :

  • Gameplay très intense et nerveux
  • Univers et ambiance au top
  • Du challenge dans les premières heures de jeu
  • Des combats à 4K/60fps
  • Premier roguelite réussi pour Housemarque
  • La DualSense exploitée
  • Un bestiaire varié et complet
  • Le plaisir d’y retourner
  • Une microgestion aux multiples possibilités
  • On est poussé à l’exploration

Points négatifs :

  • Une narration décousue
  • Structure de biomes identiques, se contenant de textures différentes
  • Coupures de son nettes très désagréables
  • Des bugs impardonnables au lancement (crash du jeu vous obligeant à recommencer le cycle…)
  • Une DualSense exploitée mais qui pourrait l’être plus
17/20

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