Test réalisé sur PlayStation 5, après 20h de jeu, avec une version fournie par PlayStation France.

Saros, la nouvelle exclusivité PlayStation 5 du studio finlandais Housemarque, est-il la suite spirituelle de Returnal que tout le monde attendait ?

Mon test en une minute sur TikTok :

@imerodblog

Découvrez mon test de Saros, la dernière bombe du studio Housemarque qui surpasse avec brio Returnal. Vous y jouez ? #Saros #PlayStation #tiktokgaming #gaming #gamingontiktok @PlayStation France

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De Resogun à Saros, l’ADN d’un studio d’exception

Housemarque, fondé à Helsinki en 1995, est l’un de ces studios qui ont su se réinventer sans jamais trahir leur identité. Spécialistes des shooters arcade depuis leurs débuts avec des titres comme Resogun ou Nex Machina, les Finlandais ont franchi un cap décisif en 2021 avec Returnal, un roguelite à la troisième personne qui a conquis la presse mondiale.

Je l’avais adoré et platiné, malgré une difficulté que certains jugeaient trop importante. Peu après ce succès, Sony rachetait le studio en juillet 2021, ouvrant la voie à un projet plus ambitieux encore.

C’est dans ce contexte que Saros a débuté son développement dès 2022, annoncé lors du State of Play de février 2025 avant de finalement sortir le 30 avril 2026.

L’auteur de comics Ram V, primé pour son travail sur l’horreur cosmique, a collaboré avec l’équipe narrative dès la préproduction pour donner vie à l’univers et aux personnages. Résultat : Saros est déjà le jeu le mieux noté de toute l’histoire d’Housemarque, avec un 87/100 sur Metacritic.

Carcosa, la planète maudite

Vous incarnez Arjun Devraj (interprété par l’acteur Rahul Kohli, connu pour Midnight Mass), un exécuteur de l’Échelon IV, une équipe mandatée par la corporation Soltari pour enquêter sur la planète Carcosa, une colonie perdue coupée du reste de l’humanité où les éclipses sont de plus en plus permanentes. Arjun recherche désespérément quelqu’un, et ce périple va l’ammener à découvrir ce que Carcosa fait à ceux qui la foulent.

Saros

Là où Returnal misait sur une naration très solitaire et minimaliste centrée sur Selene, Saros fait un choix différent : Arjun interagit régulièrement avec les membres de son équipe dans Le Passage, le hub entre chaque run. Ces échanges permettent de mieux comprendre l’impact de la planète sur chaque personnage, et donnent une profondeur narrative bien supérieure à son prédecesseur.

Sans vouloir trop rentrer dans les détails, l’histoire aborde des thèmes forts : l’obsession, la corruption, ou encore le pouvoir. Comme dans Returnal, de nombreux journaux audio et documents sont à découvrir dans les biomes pour les joueurs souhaitant approfondir le lore.

Saros : un gameplay taillé pour l’excellence

Housemarque avait apporté le plus grand soin au gameplay de Returnal, avec Saros, le studio le transcende. C’est simple tout est pensé pour être jouissif, nerveux mais aussi gratifiant : tir à la troisième personne, esquives, bullet-hell effréné et morts inévitables. Mais Saros enrichit considérablement la formule. Arjun dispose d’un Bouclier Soltari capable d’absorber l’énergie des projectiles ennemis pour la transformer en armes carcosiennes énergétiques à projeter sur les cibles.

Plusieurs archétypes d’armes sont disponibles, chacune accompagnée d’un tir secondaire distinct. Des reliques récupérables dans des coffres viennent compléter votre build, et des attaques de mêlée enrichissent encore le panel offensif.

La grande nouveauté reste l’éclipse. En activant des autels dans les biomes, vous déclenchez cet évènement qui rend les ennemis nettement plus dangereux et modifie les propriétés de vos reliques (elles possèdent alors un effet négatif en plus de l’effet positif). Ce système peut-être optionnel au début dans certains biomes mais il faudra quasi systématiquement l’activer pour arriver au boss. Il faut donc constamment réavaluer son approche : faire un bout du chemin sans l’éclipse ou l’activer pour obtenir de meilleurs récompenses mais des ennemis plus fort. C’est à la fois stressant et diablement satisfaisant.

Le Passage ou l’hub central de Saros

Comme dit en introduction, le Passage est le hub du jeu où vous pouvez discuter avec les membres de l’échelon IV mais pas que. Très vite, à l’aide d’une entité, vous pourrez améliorer vos attributs et acquérir des compétences de manière permanente via la matrice d’armure.

En dépensant des lucenites (ressources conservées après chaque mort), vous débloquez des compétences durables comme la santé maximale, l’armure, la résistance à la corruption, ou encore des capacités passives comme une seconde chance. Attention cependant : mourir vous fait perdre un pourcentage de cette ressource, sauf si vous avez vaincu le boss du biome (appelés Souverain). Des euphorons peuvent également être collectés en cours de run pour acquérir de nouvelles compétences majeures. Sachez toutefois que la progression dans la matrice est conditionnée également par la mort des Souverains.

Ce système est bien plus riche et satisfaisant que celui de Returnal, et donne un vrai sentiment de progression même après une mort frustrante.

Une direction artistique sublime entre Lovecraft et The King in Yellow

Saros est un jeu d’une beauté saisissante. Développé sous Unreal Engine 5, il propose 8 biomes (contre 5 dans Returnal) qui évoluent à chaque passage : la disposition des zones change, de nouvelles salles apparaissent, mais les accès aux boss sont plus simples une fois débloqués. Cette variété visuelle maintient un sentiment de découverte intact run après run tout en réduisant la frustration de devoir repartir systématiquement de zéro.

Côté inspirations, le directeur créatif Gregory Louden et le directeur artistique Simone Silvestri ont puisé dans un imaginaire riche et cohérent. Returnal s’inspirait de H.P. Lovecraft, Saros remonte à la source : The King in Yellow de Robert W. Chambers (1895), l’oeuvre qui avait elle-même influencé Lovecraft. Housemarque en parlait dans une interview au PlayStation Blog en septembre dernier.

On retrouve aussi des résonances avec Solaris, Sunshine de Danny Boyle, Alien bien évidemment ou encore Dead Space. Et pour les férus de mythologie en tout genre (comme moi), la symbolique hindoue est clairement représenté sur la jaquette du titre. (la créature aux huit bras évoque clairement la divinités du panthéon indien).

Un autre point à saluer (et à suivre) est l’utilisation de la DualSense. Sur Saros, les retours haptiques sont une fois de plus exemplaires : chaque texture, chaque impact, chaque corruption de la combinaison d’Arjun se ressent dans les mains. C’est l’un des meilleurs usages de la manette PS5 à ce jour (avec Astro Bot).

Le son 3D complète parfaitement l’immersion, permettant d’anticiper les menaces hors champ avec une précision redoutable. Enfin si vous avez l’occasion, n’hésitez pas à y jouer avec votre Pulse (ou Pulse 3D). J’ai fait l’aventure dans son intégralité avec ce dernier et c’est un régal pour les oreilles !

Une rejouabilité quasi infinie grâce aux modificateurs carcosiens

C’est peut-être là que Saros brille le plus : sa rejouabilité. Les modificateurs carcosiens permettent de modifier en profondeur les règles du jeu — difficulté, comportement des ennemis, effets des reliques — offrant une combinatoire proche de l’infini. Chaque run peut ainsi se jouer différement, avec des builds radicalement distincts selon les armes et reliques obtenues aléatoirement. C’est un outil bienvenu qui ouvre Saros à un public plus large sans trahir l’exigence historique du studio.

Attention toutefois, public plus large ne signifie pas pour autant que le titre est plus facile. L’ingéniosité d’Housemarque, avec les modificateurs carcosiens, a été de laisser le joueur décider de comment il souhaite peaufiner la difficulté de Saros. J’ai trouvé ça génial.

test saros screenshot 11

Les 8 boss et la richesse des biomes garantissent que la lassitude tarde à pointer le bout de son nez, contrairement à certains roguelites qui s’essoufflent vite. A ce titre, j’ai d’ailleurs trouver Saros meilleur que Returnal. Les biomes sont plus variés, plus vastes, plus profonds.

Saros, l’apothéose d’Housemarque sur PS5

Saros est une réussite éclatante qui prouve qu’Housemarque a parfaitement tiré les leçons de Returnal pour aller encore plus loin. Le gameplay, plus riche et mieux équilibré, la narration enfin à la hauteur des ambitions du studio, et la direction artistique sublime font de ce titre l’un des meilleurs jeux de 2026 et sans aucun doute la meilleure exclusivité de la PlayStation 5 à l’heure où j’écris ces lignes.

Le système de progression par la matrice d’armure et les modificateurs carcosiens offrent une profondeur et une rejouabilité rarement atteintes dans le genre.

Les retours haptiques de la DualSense et l’audio 3D plongent le joueur dans un univers d’une cohérence rare. Quelques emprunts appuyés à son prédécesseur et une mort parfois frustrante en début de partie constituent les seuls vrais reproches. Sans l’ombre d’un doute, Saros fait mieux que Returnal sur tous les plans, et s’impose comme le nouveau sommet d’Housemarque.

Points positifs :

  • Un univers et une narration bien plus riches que Returnal
  • La progression via la matrice d’armure, satisfaisante et claire
  • Le système d’éclipse, stressant et ingénieux
  • Une direction artistique somptueuse et cohérente
  • Les retours haptiques de la DualSense au sommet
  • Une rejouabilité quasi infinie grâce aux modificateurs carcosiens

Points négatifs :

  • Les premières morts peuvent être déconcertantes pour les néophytes
19/20

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