Test réalisé sur PlayStation 5, après 15h de jeu, avec une version fournie par Fireshine Games.
Duskfade est le nouveau jeu d’action-plateforme en 3D du studio espagnol Weird Beluga, édité par Fireshine Games et disponible depuis le 13 août 2026.
Duskfade : l’amour de la PS2 sublimé par un studio espagnol passionné
Weird Beluga est un petit studio espagnol dont trois des fondateurs originaux (Tomás Manzano Sobrido, Diego Redondo González et Ricardo Chorques Mesa) sont toujours aux commandes aujourd’hui. Fondé autour d’une passion commune pour les jeux de plateforme de l’ère PlayStation 2, le studio avait fait ses premiers pas avec Clid the Snail en 2021, un jeu d’action top-down remarqué pour sa direction artistique soignée. Avec Duskfade, ils passent un cap en termes d’ambition, portés par l’éditeur Fireshine Games qui a immédiatement cru au projet.
Duskfade est une déclaration d’amour aux classiques de la plateforme PlayStation, comme Jak and Daxter et les premiers Ratchet & Clank, fusionnant nostalgie et gameplay moderne avec une histoire sincèrement touchante. Les références ne s’arrêtent pas là : l’ombre de Kingdom Hearts plane sur certaines silhouettes, sur l’arme de Zirian, et plus largement sur la manière de mélanger mélancolie et imaginaire enfantin.
Sauver le temps… sauver sa sœur
L’aventure de Duskfade se déroule à Tearfeld, un monde plongé dans les ténèbres éternelles à la suite des événements liés à la Tour de l’Horloge. Zirian, le protagoniste, part en compagnie de son oiseau mécanique « Coucou » pour sauver sa sœur, Allira, des griffes du Désespoir, tout en dévoilant les mystères entourant le temps et les Maîtres Horlogers.
Autour de lui, on découvre un univers peuplé de petits êtres qui ressemblent à de charmants petits esprits bleus. L’ensemble donne immédiatement une ambiance assez douce et féerique, loin d’un univers particulièrement sombre malgré cette fameuse nuit éternelle. Le scénario prend soin de ne pas noyer le joueur dès les premières minutes. On comprend l’essentiel rapidement de Duskfade, et les zones d’ombre se comblent naturellement au fil de la progression.
Il y a aussi Coucou, le petit oiseau mécanique créé par la sœur de Zirian, qui joue à la fois le rôle de compagnon et de petit guide durant l’aventure. Il intervient parfois pour attirer l’attention sur certains éléments du décor ou donner des indications.
Plongée dans un monde clockpunk : sauter, trancher, s’élancer
Le gameplay de Duskfade repose sur trois piliers : l’exploration, la plateforme et le combat. On saute, on s’élance, on s’accroche au grappin, on plane, et l’on tranche. Le mouvement est un moyen d’atteindre des choses, pas une fin en soi. C’est une distinction importante : là où certains jeux de plateforme misent tout sur la fluidité du déplacement pour lui-même, Duskfade construit un vrai terrain de jeu à traverser, avec des secrets à dénicher (comme des coffres bien planqués qui octroient de la santé, de l’énergie en plus) et des ennemis à affronter. J’ai toutefois trouver qu’il fallait beaucoup trop sauter pour traverser les différents niveaux. Et parfois même le double saut était nécessaire. Il n’y a pas assez de zones plates que l’on peut traverser plus rapidement…
L’arme principale de Zirian est Minutero, une épée en forme d’aiguille d’horloge (un hommage assumé au Keyblade de Kingdom Hearts). La course, les sauts, les roulades, les esquives et les coups d’épée sont tous intégrés dans le cadre de l’expérience. Les glorieux doubles sauts de Zirian sont complétés par une roulade-plongée qui lui donne un élan supplémentaire pour atteindre des plateformes éloignées.
Le grappin, débloqué en cours d’aventure, ouvre une nouvelle dimension à l’exploration aérienne. Cette mécanique booste l’exploration de manière fluide et agréable, rappelant les classiques de la plateforme comme Jak & Daxter, Ratchet & Clank et les jeux Sly. D’autres compétences seront débloquées au fur et à mesure de l’exploration des niveaux comme par exemple la glisse sur rail ou encore le fait de pouvoir asséner des coups puissants avec Minutero en la transformant en pendule.
Côté combat, la mécanique la plus intéressante est l’esquive parfaite. Quand un ennemi commence une attaque, il est possible de ralentir le temps en effectuant une esquive parfaite. Ce qui est idéal face aux boss, ou lors des combats avec de nombreux ennemis. Zirian peut ralentir le temps après une esquive réussie, ajoutant une cohérence bienvenue avec l’esthétique clockpunk temporelle du jeu.
La progression des compétences se fait via un système d’achat. En parcourant les niveaux, on récupère des cristaux bleus utilisables auprès d’un vendeur pour améliorer les capacités de Zirian. Certaines compétences requièrent toutefois également des rouages : ajout de coups d’épée après une roulade, amélioration de l’arsenal aérien, augmentations rendant l’attaque et la défense plus efficaces.
Il y a également plusieurs collectibles à trouver dont des échos (qui racontent les histoires passées), des fioles, des pièces de monnaie, des lingots (pour modifier la couleur de votre arme). Il y a un suivi des collectibles sur l’écran de choix de zones où vous pouvez vous téléporter.
Le jeu propose plusieurs niveaux de difficulté (dont un niveau « Histoire » pour celles et ceux qui ne veulent pas s’embêter), ce qui le rend accessible à un large public sans sacrifier le challenge pour ceux qui le cherchent.
On traverse des royaumes façonnés par les Maîtres Horlogers : forêts éthérées, royaumes sous-marins, dunes ensoleillées, hauteurs nuageuses, chacun rempli de secrets. La structure rappelle un Metroidvania en pseudo-3D : certaines zones se déverrouillent avec de nouvelles capacités, invitant à revenir sur ses pas pour débloquer des collectibles cachés.
Un univers clockpunk visuellement irrésistible
La direction artistique assume des couleurs extrêmement vives, des proportions exagérées et une architecture dans laquelle la mécanique côtoie constamment le merveilleux. Les engrenages, cadrans, chaînes et mécanismes gigantesques construisent une identité « clockpunk » immédiatement reconnaissable. Chaque biome visité possède une personnalité visuelle forte. On passe de villes mécaniques rutilantes à des forêts hantées par des horloges géantes, sans jamais ressentir de rupture de cohérence dans l’univers.
Duskfade mélange combat d’action et défis de plateforme dans une atmosphère accompagnée d’une bande-son qui s’appuie fortement sur des synthés pulsants et des textures métalliques. La musique contribue beaucoup à l’ambiance (tantôt légère et féerique dans les zones d’exploration, tantôt tendue et rythmée lors des combats de boss). Ces derniers sont d’ailleurs l’un des points forts du jeu, créatifs et bien conçus selon la presse, avec une mise en scène qui rappelle les grands boss de l’ère PS2.
Un superbe platformer !
Duskfade est une vraie bonne surprise de cet été, signée par un studio indépendant espagnol qui sait exactement ce qu’il veut faire et pour qui il le fait. L’univers clockpunk est immédiatement séduisant, le gameplay est solide et s’enrichit progressivement, et les amoureux de Jak & Daxter, Ratchet & Clank et Kingdom Hearts trouveront ici une lettre d’amour sincère et bien exécutée.
Le jeu n’est pas exempt de défauts : le rythme peut molir dans sa première moitié, le manque de carte est parfois frustrant pour les collectionneurs, et la narration manque parfois de finesse. Enfin j’ai trouvé que l’exploration se faisait beaucoup trop par les sauts. Mais Duskfade mérite clairement sa chance. Un jeu de plateforme compact, sincère, et qui n’oublie jamais de s’amuser.
Points positifs :
- Une direction artistique clockpunk immédiatement reconnaissable et très soignée
- Un gameplay plateforme/combat solide qui s’enrichit progressivement
- L’esquive parfaite et le ralenti temporel, mécaniques bien intégrées
- Le grappin qui transforme l’exploration aérienne
- Des boss créatifs et bien mis en scène
- Coucou, compagnon mécanique immédiatement attachant
Points négatifs :
- Un rythme qui peut traîner dans la première moitié
- Absence de carte, frustrante pour la collecte exhaustive
- Narration parfois maladroite, doublage inégal
- Peu de variété dans les types d’armes
- Trop de sauts dans l’exploration










