Test réalisé sur PlayStation 5, après 8h de jeu, avec une version fournie par Acclaim.
Ground Zero Hero plonge les joueurs PS5 dans un désert radioactif où muter est la seule option viable pour survivre.
Développé en solo par l’Australien Rowan Edmondson et édité par Acclaim, Ground Zero Hero s’inscrit dans la lignée des survivor-like façon Vampire Survivors, mais avec une identité bien à lui. Ici, pas d’arsenal d’armes à collectionner : c’est votre propre corps qui devient l’arme, à coup de mutations toujours plus absurdes. Une troisième jambe pour courir plus vite, un œil laser, un bras élastique pour fouetter les ennemis à distance… Le postulat de départ, aussi simple qu’efficace, contribue à toute la personnalité du jeu et pour le coup certaines transformations sont vraiment marrantes.
Visuellement, difficile de rester indifférent. Le jeu adopte un style cartoon exagéré qui évoque un savant mélange entre Les Simpson, Futurama et Rick and Morty (dixit le développeur), aussi bien dans le chara-design que dans l’humour ambiant. Chaque biome traversé (désert poussiéreux, terres hivernales gelées) possède sa propre palette de couleurs et ses propres blagues visuelles, et les silhouettes des créatures mutantes restent lisibles même lorsque des centaines d’entre elles envahissent l’écran. Un vrai tour de force artistique pour un titre développé par une seule personne.
Côté gameplay, les attaques sont entièrement automatiques : le joueur se contente de gérer son positionnement, d’esquiver les vagues d’ennemis et de foncer vers les déchets radioactifs luisants qui jonchent le sol. Chaque montée de niveau propose un choix entre trois mutations aléatoires, qui viennent remplacer l’arsenal classique du genre : tentacule frontale, épines dorsales, aura de radiation, ou encore ponte d’œufs explosifs façon mine antipersonnel. Chacune de ces mutations dispose d’une petite chance de déclencher le mode Bonkers à chaque tir, un état temporaire de surpuissance qui transforme radicalement l’effet de l’arme (la mutation des œufs, par exemple, fait éclore un allié déguisé en poulet qui se bat à vos côtés pendant quelques secondes… LOL). C’est clairement le moment fort de chaque run, injectant une bonne dose de chaos jubilatoire dans des affrontements qui pourraient sinon devenir répétitifs.
Un cycle jour/nuit vient également structurer chaque run. La nuit tombée, les ennemis deviennent nettement plus coriaces, mais les plus puissants d’entre eux lâchent des déchets radioactifs superchargés, une prise de risque payante pour qui cherche à accélérer sa progression. Des bunkers disséminés sur la carte permettent de se mettre à l’abri, récupérer de la vie et même sauvegarder sa run en cours, mais certaines missions annexes demandent justement de survivre une run entière sans jamais s’y réfugier. Chaque zone se termine par l’élimination d’un mutant boss après avoir décimé un nombre conséquent d’ennemis, et le monde traversé regorge d’éléments interactifs bienvenus : missiles à faire détoner, éoliennes à renverser sur les hordes qui vous encerclent. Cette générosité dans les idées de gameplay est clairement l’un des points forts du titre.
Le principal reproche que l’on peut adresser au titre concerne la profondeur des synergies. Contrairement à d’autres survivors like du genre dont le GOAT Vampire Survivors (selon moi), les mutations de Ground Zero Hero ne se combinent pas entre elles pour créer des builds véritablement complexes : chaque arme suit son propre chemin d’amélioration, sans réelle interaction avec les autres. Le nombre restraint de mutations disponibles peut également donner une sensation de redite après quelques heures de jeu, même si le titre reste addictif sur les six heures nécessaires pour en voir le bout.
Sur PS5 de base, on notera aussi quelques chute de framerate lors des moments les plus chargés à l’écran, sans que cela ne gache complètement l’expérience. Le jeu propose également un Mode Sans Fin une fois la campagne bouclée, une bonne façon de prolonger le plaisir pour les amateurs de scoring et de runs toujours plus longues.
En définitive, Ground Zero Hero est un survivor-like sympathique et bien senti, porté par un humour bien trouvé et une direction artistique franchement réussie pour un projet solo. Il ne réinvente pas franchement le genre et manque clairement de profondeur sur le long terme, mais son exécution généreuse en personnalité suffit à le rendre difficile à lâcher, au moins le temps d’une run.