Test réalisé sur PlayStation 5, après 8h de jeu, avec une version fournie par ARTE France.

Looking For Faël est le nouveau jeu de puzzle narratif des studios français Swing Swing Submarine et La Poule Noire, édité par ARTE France et disponible depuis le 16 juillet 2026 sur PS5.

Looking For Faël : l’après Seasons After Fall

Swing Swing Submarine, c’est un studio français fondé il y a maintenant une quinzaine d’années, à qui l’on doit notamment Blocks That Matter et Seasons After Fall. Des jeux modestes mais soignés, portés par une vraie identité artistique. Avec Looking For Faël, le studio passe un cap en s’associant à la coopérative La Poule Noire et à l’éditeur ARTE France (déjà derrière le remarqué 30 Birds) pour proposer leur création la plus ambitieuse à ce jour.

Looking for Faël

Le projet a vu le jour en 2021, avec les premiers prototypes. Il aura finalement fallu cinq ans de développement pour que Looking For Faël atteigne sa forme final. Initialement prévu pour fin 2025, le jeu a été repoussé avant d’être disponible il y a 2 semaines, le 16 juillet 2026. Inspiré par des jeux de réflexion tels que Myst, The Witness ou encore Fez, et puisant ses influences du côté du cinéma fantastique des années 90, le titre revendique également des inspirations cinématographiques plus inattendues : Eternal Sunshine of the Spotless Mind, Cube ou Dans la Peau de John Malkovich ont également été des sources d’inspiration. Une belle carte de visite pour un jeu qui ne ressemble à rien d’autre.

Un colocataire, une porte, et tout bascule

Tout commence par un message vocal. Faël, votre colocataire, vous laisse une note affolée : il s’est perdu dans son propre appartement. Une prémisse absurde, presque comique, qui se transforme rapidement en quelque chose de bien plus vertigineux lorsqu’on franchit la porte à son tour.

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Arrivé dans l’appartement, le joueur découvre un lieu en perpétuelle transformation où chaque pièce semble ouvrir la voie vers une nouvelle réalité. Au fil de l’exploration, un salon peut déboucher sur une forêt luxuriante, un cinéma abandonné ou encore un laboratoire énigmatique. L’appartement devient un labyrinthe surréaliste dont il faut comprendre la logique pour espérer progresser.

La narration est discrète mais efficace. Pas de grands discours ni de cinématiques envahissantes. L’histoire se révèle par l’exploration, à travers des notes audios laissées par Faël, les différents documents (certains sans aucune utilité pour avancer) les objets qui peuplent les pièces ou encore les détails que l’on finit par remarquer après être passé dix fois au même endroit. Le côté irréel se ressent dans les différentes énigmes, entre impression d’évoluer dans une œuvre d’art contemporaine et un film surréaliste.

Un jeu qui fait travailler ses méninges

Looking For Faël ne propose ni combat, ni action, ni timer. Ici, seule la réflexion compte. Les joueurs devront examiner minutieusement leur environnement, collecter des indices, écouter des messages audio, lire des notes laissées par Faël et manipuler d’étranges appareils imaginés par ce dernier.

L’outil central du jeu est la GameLeaf, une console rétro portable imaginée par Faël qui accompagne le joueur tout au long de l’aventure. Elle sert à interagir avec l’environnement, débloquer des passages et résoudre certaines énigmes. On y retrouve la même logique de progression que dans The Witness, à savoir parcourir des lieux plus étranges les uns que les autres, à la recherche d’énigmes sur écran à résoudre. Parmi elles, un système de Tetrominos (ces fameuses pièces à emboîter façon Tetris) qui sert de mécanisme récurrent tout au long du jeu. Simple dans l’idée, diablement efficace dans l’exécution.

Le jeu encourage également la prise de notes, et cela dès le début du jeu, puisque de nombreux puzzles nécessitent de faire des liens entre plusieurs pièces ou de revenir sur ses pas afin de comprendre les mécanismes. Un carnet à portée de main est donc fortement conseillé (et c’est une vraie marque de fabrique des grands puzzle games).

Des options proposent des aides (surlignement des mots importants en verre, traces de pas vous indiquant la sortie, etc.), mais je vous recommande de ne pas les utiliser tant cela pourrait gâcher votre réflexion.

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Une direction artistique singulière, entre nostalgie et étrangeté

Visuellement, Looking For Faël joue la carte de l’épure avec intelligence. Dans l’atmosphère graphique, on y retrouve notamment un peu de The Stanley Parable. Les environnements sont soignés, cohérents dans leur incohérence (chaque pièce possède sa propre identité tout en participant à un ensemble qui se tient). Les contrastes entre le banal d’un appartement ordinaire et l’absurde surréaliste de ce qu’il devient sont particulièrement bien gérés.

La bande-son contribue fortement à l’ambiance : discrète quand il faut se concentrer, légèrement inquiétante quand les environnements se font plus étranges. Pas de soundtrack tonitruante, mais une musique d’ambiance qui colle parfaitement à l’esprit du jeu. En revanche, personnellement j’ai du passé trop de temps sur les puzzles du Gameleaf car la musique m’a épuisé à force.

La durée de vie tourne autour d’une dizaine d’heures, ce qui est honnête pour le genre, et la densité des énigmes justifie largement ce temps de jeu.

Une belle expérience ?

Looking For Faël est une belle surprise signée par des studios français (cocorico !) qu’on a plaisir à voir monter en gamme. Swing Swing Submarine livre ici leur jeu le plus abouti, une expérience de puzzle narratif originale, exigeante et authentique, qui assume pleinement ses influences sans jamais les singer.

L’appartement de Faël restera longtemps dans la mémoire de ceux qui auront accepté de s’y perdre. Le jeu n’est pas exempt de défauts, certains joueurs peu habitués au genre pourront décrocher face à la densité des énigmes, et la narration très en retrait n’est clairement pas pour tout le monde. Mais pour les amateurs de puzzle games d’auteur, Looking For Faël est l’une des bonnes surprises de cet été 2026, et la preuve que la création vidéoludique française a de beaux jours devant elle.

Points positifs :

  • Un concept original et immédiatement intrigant
  • Des énigmes bien conçues, logiques et satisfaisantes à résoudre
  • Une direction artistique singulière et cohérente
  • La GameLeaf, un outil central bien intégré
  • Une production française de qualité portée par ARTE
  • Un système d’aide discret qui ne casse pas l’expérience

Points négatifs :

  • Narration très en retrait, pas pour tous les publics
  • Peut dérouter ou frustrer les non-initiés au genre
  • Quelques environnements moins inspirés que d’autres
  • La musique lors des puzzles du Gameleaf ennuyeuse à la longue
17/20

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