Test réalisé sur PS5, après 6h de jeu, avec une version fournie par Aya Games.
Ayasa: Shadows of Silence, premier projet d’envergure du studio Aya Games, débarque sur PS5 avec l’ambition de marcher dans les pas de Limbo, d’Inside et de Little Nightmares.
Le jeu nous plonge dans le Monde Inversé, un royaume jadis maintenu en équilibre entre la lumière et l’ombre par Tas, l’Absolu. Cet équilibre s’est brisé et six contrées sont désormais rongées par les ténèbres.
La narration muette d’Ayasa: Shadows of Silence est un parti pris par le studio : aucun dialogue, aucun texte explicatif, tout passe par les images, la pantomime, l’environnement, la bande-son et quelques phrases poétiques liées à nos choix dans le jeu (souvent opposé). Ce choix donne un côté onirique et énigmatique à l’aventure, même si le récit d’Ayasa: Shadows of Silence devient parfois trop obscur pour son propre bien.
Côté gameplay, Ayasa: Shadows of Silence est un jeu de plateformes en 2.5D qui mélange exploration, énigmes environnementales et séquences d’infiltration. Au fil de votre progression, vous obtiendrez des pouvoirs surnaturels, qui enrichissent la progression sans jamais la bouleverser : invisibilité, remonter le temps, etc. Les puzzles constituent clairement la meilleure partie de l’expérience : plutôt intuitifs, ils demandent peu de logique et de timing.
Les phases d’infiltration sont, elles, plus inégales. Les ennemis manquent parfois de cohérence dans leurs réactions, et certaines interactions paraissent basiques. Le platforming réclame également un peu d’indulgence, car la précision n’est pas toujours au rendez-vous lors des sauts. Le plus frustrant reste toutefois la distance qui sépare certains points de sauvegarde : une erreur en fin de séquence oblige à tout recommencer, et ces passages rend la progression pénible. J’ai même trouver qu’ils étaient mal placés, au lieu de les mettre après la résolution d’une énigme, ils sont placés juste avant. Frustrant si on perd après avoir résolu l’énigme…
Le titre indique aussi trop peu la direction à suivre, ce qui provoque des errances inutiles dans tout les niveaux pourtant assez linéaires. A cela s’ajoute des zones où vous n’étiez pas censé aller et qui vous font perdre. Ces défauts empêchent Ayasa: Shadows of Silence de transformer ses bonnes idées en véritable réussite.
Sur le plan visuel, le jeu développé sous Unreal Engine 5 propose des décors sombres, surréalistes et souvent magnifiques, qui alternent entre zones colorées et ambiances oppressantes. Chaque chapitre possède sa propre identité, ce qui évite la monotonie. L’atmopshère horrifique est très bien construite, grâce à des éclairages maîtrisés et à des silhouettes inquiétantes qui rappellent l’univers de Little Nightmares. La direction artistique d’Ayasa: Shadows of Silence est sans conteste son principal atout, même si les décors somptueux ne compensent pas toujours un manque de rythme flagrant. Sur PS5, l’ensemble garde une vraie cohérence visuelle du début à la fin.
Les à-côtés sont plutôt sobres. La bande-son joue un rôle essentiel puisqu’elle remplace les dialogues et accompagne chaque moment fort avec des ambiances sonores discrètes mais efficaces. L’aventure se termine en environ six heures, une durée correcte pour ce type de production, mais la rejouabilité reste limitée une fois les énigmes résolues, sauf si vous souhaitez obtenir le trophée platine qui vous imposera de faire des choix inverses de votre précédent run. Les fans d’horreur légère apprécieront aussi le ton mystérieux d’Ayasa: Shadows of Silence, qui privilégie la tension diffuse aux effets faciles.
En conclusion, Ayasa: Shadows of Silence est une aventure inégale mais attachante, qui ne tient pas toutes ses promesses sans pour autant décevoir. Personnellement, je retiens surtout sa direction artistique, son ambiance pesante et ses puzzles intuitifs, au détriment d’un rythme parfois cassé par des points de sauvegarde trop espacés et surtout mal placés. Je le conseille aux amateurs de Limbo et d’Inside qui cherchent une expérience atmosphérique à petit prix, à condition d’accepter ses défauts. Pour un jeune studio, Aya Games arrive toutefois à produire un titre qui pourra vous occuper quelques heures.