Test réalisé sur PlayStation 5, après 18h de jeu, avec une version fournie par Meridiem Games.

Aujourd’hui je vous propose le test de Qliphah in Providence’s Shadow, d’un studio qu’on ne présente plus, Arc System Works

Qliphah in Providence’s Shadow : Tokyo s’écroule, Arc System Works se réinvente

Il y a des studios que l’on associe immédiatement à un genre, et Arc System Works fait partie de ceux-là : Guilty Gear, BlazBlue ou encore Dragon Ball FighterZ et plus récemment, Marvel Tōkon : Fighting Souls (dont je vous parlais en aôut dernier) ont bâti sa réptuation. C’est la raison pour laquelle, on ne peut être qu’étonné, quand un studio de ce calibre, se lance dans un genre qu’il ne connait que peu : le RPG.

C’est durant l’Arc System Works Showcase 2026 en juin dernier que Qliphah in Providence’s Shadow a été annoncé (à peine trois mois avant sa sortie). C’est une vrai surprise : nouvelle licence, en forme de RPG, est disponible depuis le 24 septembre 2026 sur PlayStation 5 (plateforme utilisée pour ce test), Nintendo Switch et PC (Steam/EGS).

Le développement a été confié à UnitePlus, un studio tout jeune né en novembre 2025 de la fusion d’Aquria (CRYMACHINA, Sword Art Online: Hollow Fragment) et d’APLUS, à qui l’on doit plusieurs épisodes de la série Kunio-kun.

Le concept de Qliphah in Providence’s Shadow tient en trois mots : RPG de timeline à contre tactique. Derrière ce nom barbare se cache un système de combat en commandes où les attaques ennemies sont affichées à l’avance, avec une promesse ambitieuse : l’adrénaline d’un jeu d’action avec le confort d’un RPG. Personnellement, au début, même si attiré par le titre (et connaissant la renommée du studio ASW), j’étais quelque peu sceptique.

Objet trouvé, enquête ouverte

L’histoire de Qliphah in Providence’s Shadow nous emmène dans un Tokyo de 2030 ravagé par un cataclysme qui a fait de la réalité un tissu qui s’effiloche et laissé le champ libre à des créatures nomées Aberrations.

Coursier à temps partiel, Soma Hoshigami se fait attaquer par l’une d’elles et devient mi-humain, mi-monstre. Il est alors recueilli par Rena Hizuki, une enquêtrice de la Public Safety Anomaly Response Division de la police de Tokyo. Ce duo improbable va devoir remonter la piste d’une drogue démoniaque baptisée Tiny True, comprendre les mystérieux Stigmates gravés sur la peau de la jeunesse et démasquer une secte qui tire les ficelles dans l’ombre.

Les scènes narratives adoptent un style proche du visual novel et sont entièrement doublées en japonais, avec des sous-titres en français. L’avancée se fait en choisissant les lieux à visiter sur la carte de Tokyo : les événements change selon l’endroit et le moment, ce qui pousse à bien réfléchir avant de se lancer. L’enquête progresse ainsi a petits pas, avec juste ce qu’il faut de mystère pour donner envie de connaître la suite.

Tic, tac, tic, tac…

Toute l’identité de Qliphah in Providence’s Shadow repose sur la Ligne temporelle, cette longue frise qui traverse le centre de l’écran. Les techniques de l’ennemi comme les vôtres y défilent de chaque côté, et une compétence (ou skill) se déclenche à l’instant précis où sa barre touche le milieu.

Chaque attaque adverse est donc annoncée à l’avance, avec son type (que l’on peut distinguer avec la couleur associée) et son timing, un choix logique pour un studio qui vit de jeux de baston. Le principe est limpide : les compétences sont répartis en trois couleurs, rouge, bleu et jaune, et il suffit de superposer une compétence de la même teinte à celle de l’adversaire pour déclencher un contre.

Mais attention toutefois, les compétences que vous lancez, doivent se recharger : une compétence pas encore prête inflige moins de dégâts et offre une fenêtre de contre plus étroite, ce qui oblige à soigner sa rotation. Il reste possible de passer en ralenti ou de mettre l’action en pause à tout moment pour lire tranquillement ce qui arrive.

Avec Qliphah in Providence’s Shadow, on est loin du menu de commandes à l’ancienne : une fois les automatismes acquis, les combats prend un rythme proche d’un jeu d’action, avec des enchaînements fluides.

Deux têtes valent mieux qu’une

Là où Qliphah in Providence’s Shadow gagne en profondeur, c’est dans sa gestion du duo. Vous pouvez à tout moment passer de Rena à Soma, et certaines attaques adverses exigent que les deux personnages répondent en même temps : ce sont les fameux Contre en duo, qui ne fonctionnent que si les compétences utilisées sont rechargées et qui déclenchent parfois des effets spéciaux lorsqu’ils sont enchaînés.

Un contre réussi permet aussi d’envoyer les ennemis les plus faibles dans les airs pour les rouer de coups, chacun des deux héros pouvant relancer la suite dès que la cible retombe. Contre les adversaires dotés d’une « Jauge de mise à terre » (Down Gauge), l’objectif est de la vider à force de contres : une fois à terre, la victime n’encaisse que des coups critique jusqu’à ce qu’elle se relève, et il est alors temps de conclure avec un « Art secret », l’attaque ultime.

Qliphah in Providence's Shadow

Au départ, seule Rena peut le lancer, mais Soma finit lui aussi par en débloquer un, histoire de compliquer les décisions. Et plus la difficulté augmente, plus les ennemis empilent des attaques que les simples contres ne suffisent plus à repousser. Il faut alors jongler entre les deux protagonistes et exploiter les skills de soutien (vitesse d’attaque, soins) pour tenir la cadence.

Finalement, on retrouve ici, le côté tactique annoncé plus tôt.

Un réseau social très mystique

La progression de Qliphah in Providence’s Shadow s’appuie sur un écran qui résume l’enquête : l’Arbre des relations. C’est là que l’on débloque, au fil de l’histoire, de nouvelles compétences d’attaque et de soutien, avec à la clé de vrais choix de build.

Vous pouvez ainsi composer un set de compétences à votre goût, plutôt agressif ou plus prudent, tout en gardant un œil sur la couleur de chaque compétence pour ne pas vous retrouver démuni face à une attaque rouge, bleue ou jaune. Mais certaines techniques restent verrouillées derrière des Mystic Passes, des mots de passe que l’on peut dénicher dans le SNS (réseau social du jeu) intégré au jeu ou, avec un peu de chance, sur l’écran de résultats d’un combat.

Ils sont volontairement difficiles à trouver, et l’idée est clairement d’encourager les joueurs à se les échanger sur les réseuax sociaux. Cette manière de pousser la communauté à collaborer est plutôt originale, même si elle pourrait frustrer ceux qui préfèrent tout découvrir seuls. Un bon point pour la personnalisation en tout cas, car les combinaisons possibles donnent envie d’essayer un peu de tout.

Entre néons et cauchemars

Visuellement, Qliphah in Providence’s Shadow assume pleinement son style de cel-shading (j’adore !) et s’appuie sur des shaders sur mesure pour rendre les Aberrations encore plus dérangeante. Le résultat mêle un Tokyo moderne et des créatures cauchemardesques, avec des Stigmates qui parcourent les corps des personnages et des Arts secrets mis en scène comme de petites cinématiques. L’ensemble a du caractère et renvoie sans mal à l’univers du manga d’horreur urbaine.

Côté bande-son, le jeu propose un thème d’ouverture énergique et plusieurs chansons qui ponctuent l’action, une bonne façon de faire monter la pression pendant les affrontements.

Les niveaux de difficulté prédéfinis permettent enfin d’ajuster le défi selon son niveau, un vrai plus pour apprivoiser la Ligne de temps sans stresser dans Qliphah in Providence’s Shadow.

Pour prolonger l’aventure, Qliphah in Providence’s Shadow mise sur du contenu en plus. Le principal est Voidfall, un combat additionnel qui regroupe 16 affrontements de haut niveau et récompense les plus courageux avec un costume et une compétence inédits.

J’ai personnellemetn joué une bonne vingtaine d’heures, ce qui m’a permis de bien avancé dans l’enquête et maitriser les mécaniques. La chasse aux Mystic Passes et les difficultés plus corsées offrent une vraie raison de relancer des combats.

À ce niveau, il faut que le joueur apprend à changer de personnage au bon moment, car les attaques multicouches ne pardonnent plus les contres approximatifs. Voilà de quoi occuper les amateurs de défi, et faire de Qliphah in Providence’s Shadow un titre que l’on a envie de poursuivre bien après le générique.

Qliphah in Providence’s Shadow vaut-il le détour ?

Après une vingtaine d’heures passées sur Qliphah in Providence’s Shadow, j’ai été agréablement surpris alors que j’étais pas mal sceptique sur le papier : Arc System Works et UnitePlus ont réussi leur entrée dans le RPG avec un système de combat à la fois original, lisible et étonnamment nerveux, où la Ligne temporelle transforme chaque affrontement en duel de timing.

Le duo formé par Rena et Soma, l’ambiance d’un Tokyo en ruine et une direction artistique cel-shadée très travaillée font le reste. Il faudra toutefois un peu de patience pour maîtriser toutes les subtilités, et certaines idées, comme les Mystic Passes, risquent de diviser.

Je trouve vriamnet que ce jeu change ce qu’on peut trouver dans le genre RPG. Au niveau de difficulté supérieure, il est assez difficile et ne conviendra pas à tout le monde (je galère pas mal perso), mais c’est parce qu’il est original, qu’il mérite qu’on se laisse tenter.

test qliphah in providence s shadow screenshot 2

Points positifs :

  • Un système de Ligne temporelle original et lisible
  • Des combats nerveux
  • Le côté tactique bien présent
  • Les Contres en duo et la gestion du duo Rena / Soma
  • La DA en cell-shading
  • Un doublage japonais complet, sous-titré en français
  • Une belle personnalisation des compétences
  • Le ralenti et la pause pour prendre son temps
  • Plusieurs niveaux de difficulté

Points négatifs :

  • Un temps d’adaptation nécessaire pour maîtriser les contres
  • Des Mystic Passes difficiles à trouver sans l’aide de la communauté
  • Le mode Voidfall vendu séparément pour ceux qui n’ont pas précommandé
17/20

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