Plus de trois ans après le dernier épisode canonique, Ubisoft Montréal nous propose un sixième opus de sa licence phare, Far Cry.

Un combat difficile

Pour beaucoup de fans de la licence, le 3ème épisode reste l’un des meilleurs de toute la série Far Cry. Difficile d’égaler le charismatique Vaas brillamment interprété par Michael Mando. Du côté du gameplay, Far Cry 3 proposait beaucoup de nouveautés par rapport à son prédécesseur et était pour l’époque magnifique. Je suis également de ceux qui pensent cela même si j’ai un faible pour la campagne solo de Far Cry 2.

Les épisodes 4 et 5, se déroulant respectivement dans les montagnes de l’Himalaya et en Amérique, n’étaient pas mauvais, mais il manquait ce petit quelque chose qui aurait pu en faire de meilleurs Far Cry. Quant aux épisodes Blood Dragon, Primal et New Dawn, ils apportaient tous leur lot d’idées originales mais Blood Dragon reste selon moi le meilleure. Son côté complétement déjanté et ses références à de nombreux films/jeux vidéo en font l’un des spins-offs les plus réussis.

Far Cry 6 a la lourde tâche de renouer avec les joueurs, demandant des nouveautés et du changement et pourquoi pas un meilleur épisode que Far Cry 3. Le pari est-il réussi ?

Yara Libre

L’histoire de Far Cry 6 se déroule à Yara en prise à un dictateur, Antón Castillo (interprété par Giancarlo Espositio que l’on connait dans Breaking Bad et récemment dans The Mandalorian). Il règne d’une main de fer sur Yara, tout en voulant faire de son fils de 13 ans, Diego, son successeur légitime. Antón Castillo souhaite imposer à sa nation mais aussi au monde entier, son traitement révolutionnaire contre le cancer : le Viviro. Créé à base de tabac et de composés chimiques, le Viviro a un lourd impact sur la santé des ouvriers et de la population locale.

Mais une partie du peuple appelée les guérilleros veulent renverser le pouvoir en cours, détruire les usines de Viviro, et organiser des élections pour rendre Yara libre de toute oppression. Vous incarnez Dani Rojas (vous avez le choix au début du jeu entre un homme et une femme) et vous allez prendre part à cette révolution en intégrant le groupe Libertad. L’action commence au cœur d’Esperanza, la capitale de Yara, où vit le dictateur et ses acolytes.

Comme dans tout Far Cry qui se respecte, vous n’allez pas combattre seul et avant d’aller affronter Antón et son armée, vous devrez recruter 3 grandes familles de Yara. Chaque grande région de Yara (Madrugada, Valle de Oro et El Este) est composée d’une famille qu’il faudra recruter et cela passera ni plus ni moins par l’anéantissement pur et dur des généraux de Castillo qui règnent sur ladite région.

Un animal appelé ici « Amigo » pourra également vous prêter main forte durant vos missions. Ils sont franchement plus déjantés les uns que les autres et certains comme Chorizo ou Chicharron ont été présentés dans de nombreux trailers avant la sortie du jeu. Ces Amigos ont leurs compétences propres et vous aideront tout au long de votre périple.

Cette mécanique n’est pas sans rappeler celle de Far Cry 5, où il fallait d’abord vaincre la famille de Joseph Seed avant de pouvoir combattre le prophète lui même. Quant au reste, on retrouve l’ADN de Far Cry : un héros qui va malgré lui se retrouvait au cœur d’un conflit pour renverser le pouvoir mis en place.

Même si l’acting de Giancarlo Espositio au demeurant froid et calme n’est pas mauvais, je n’ai pas trouvé ce méchant si charismatique. Difficile de dire si cela vient du rôle qu’on lui a donné, du scénario (qui lui sied bien toutefois) ou encore des expressions faciales, mais il ne m’a fait ni chaud ni froid. Pas plus que les autres protagonistes ou antagonistes du jeu.

On notera toutefois que le héros que l’on incarne est bien plus présent dans les cinématiques que les précédents opus de Far Cry. Là où avant, on pouvait penser que finalement ce personnage était en retrait, ce n’est pas le cas dans Far Cry 6. De plus, il y a beaucoup plus de dialogues pour le héros qu’auparavant. A titre d’exemple, il arrive parfois que Dani se mette à chanter en voiture. On sent qu’Ubisoft a vraiment souhaité que le joueur s’imprègne beaucoup plus du personnage.

La révolution est en marche

Très vite, vous serez propulsé sur Isla Santuario, une petite île de l’archipel de Yara. Vous ferez la connaissance de Juan Cortez, le Mc Gyver local qui vous demandera de lui rapporter de l’uranium appauvri afin qu’il puisse fabriquer des armes surpuissantes dont les fameux supremo, l’une des grosses nouveautés de Far Cry 6. Les supremos s’utilisent en combinant les touches + à condition bien évidemment que la jauge d’utilisation soit remplie. Ce sont des armes qui occasionneront de lourds dégâts à l’instar du premier supremo gagné automatiquement, qui balance une salve de 6 roquettes à tête chercheuse. Très efficace pour se défaire rapidement des hélicoptères ou des chars d’assauts. Et c’est sur les supremos que vous pourrez attribuer des grenades, de la dynamite et autres armes de jet utilisables en combat. Il faudra toutefois les débloquer via du crafting.

L’autre grosse nouveauté de cet opus est l’abandon purement et simplement de l’arbre des compétences. Ici vous avez accès à la quasi totalité des compétences que vous pouviez acquérir dans les précédents Far Cry : exécution par le haut, double exécution, utilisation du wingsuit, etc. Je dis « quasi-totalité » car certaines ne pourront être utilisés qu’en revêtant un élément vestimentaire particulier. Par exemple si vous souhaitez saboter une alarme, vous devez utiliser une montre spéciale. Ainsi Dani peut revêtir plusieurs tenues (découpées en 5 parties) et chaque partie octroient une technique supplémentaire (faire moins de bruit en marchant, plus de munitions d’armes de poings etc.)

Dès lors l’expérience acquise ne sert plus à obtenir des points de compétences mais vous permet de monter votre grade de révolutionnaire et par la même occasion vos points de santé. Atteindre un nouveau grade vous permet également de débloquer plus d’armes chez le marchand.

Far Cry 6 propose également une dimension de craft assez inédite. Vous pouvez ramasser plusieurs types de ressources (métal, ferraille de véhicules, médicaments, essence, catalyseur, etc.) pour confectionner une pléthore d’éléments qui vont du type de balle (perforante, explosive, incendiaire, etc.) à des accessoires pour les armes comme les silencieux, les lunettes de visée etc.

Malheureusement j’ai trouvé que ces nouvelles mécaniques étaient trop optionnelles à commencer par le type de balle. Chaque ennemi est plus ou moins sensible à un type de balle (nouveauté de cet épisode également). Mais personnellement j’ai utilisé quasi systématiquement les mêmes armes du début à la fin du jeu (le pistolet issu du pack Blood Dragon et un fusil mitrailleur avec silencieux) sans que cela me pose de problèmes. J’ai du en changer une ou deux fois pour les besoins d’un trophée mais c’était après avoir terminé le jeu… Dommage.

Yara, belle de jour comme de nuit

Je ne vous apprend rien en disant que Yara prend clairement des inspirations cubaines. Alors oui certains éléments sont clichés comme les cigares, les panamas, les voitures de collections aux couleurs pastels, mais c’est ce qui fait tout son charme.

L’île et son archipel propose des panoramas magnifiques : de la forêt luxuriante aux plages de sables fins, on se délecte du mode photo pour prendre nos plus belles cartes postales. La carte de Yara est deux à trois fois plus grande que celle de Far Cry 5 et on peut saluer le travail d’Ubisoft Montréal qui a su proposé un terrain de jeu très varié. Il est très plaisant de se balader parmi les différents environnements que le jeu propose sans sentir une certaine répétitivité.

Le cycle nuit/jour apporte beaucoup de profondeur et d’immersion à l’histoire mais n’est pas surprenant dans un open world comme celui-ci aujourd’hui. Les jeux de lumière sont assez jolis surtout lors des combats (explosions, fumée, feu, éblouissement, etc.). Les effets sonores sont dans l’ensemble assez réussis mais souvent bugués (ex : sons qui arrivent 2 secondes après l’explosion).

Malheureusement le jeu pêche par les éternels défauts des Far Cry avec au premier plan les collisions. Les exemples sont nombreux mais citons les hélicoptères qui ne s’écrasent pas correctement ou encore les chars d’assauts qui ne sont pas capables de monter sur un petit bloc de pierre, vous laissant ainsi coincer dans une zone ou vous forçant à terminer à pied… C’est assez frustrant par moment surtout lorsque la mission est chronométrée.

Yara est découpée en plusieurs régions que vous devrez inévitablement parcourir avant l’affrontement final. Et c’est à ce moment que l’on se rend compte de la taille de la carte et de la diversité des choses que l’on peut y faire : chasses aux trésors, pêche, missions secondaires, courses de bolides, partie de domino, combats de coqs, etc. A cela s’ajoute la pléthode de coffres à ouvrir pour récupérer des armes, des équipements vestimentaires, des ressources, etc. et des documents vous en apprenant plus sur le lore de Yara. Ceci dit on a l’habitude avec Far Cry. En revanche certains collectibles nécessaires à l’obtention du trophée platine ne sont pas affichés sur la carte (clés usb, cages de coq). Si vous voulez les afficher vous devrez acheter les packs contre de la monnaie Far Cry, et pour avoir cette monnaie vous devrez acheter des packs contre des pièces sonnantes et trébuchantes…

Enfin sachez que si vous jouez sur PlayStation 5 et Xbox Series X|S, vous devrez télécharger 20Go supplémentaires de textures HD pour profiter du jeu dans toute sa splendeur.

Hasta la vista

Malgré une trame générale assez classique et des méchants peu charismatiques, Far Cry 6 propose une immersion assez réussie dans l’Amérique latine. L’attention portée au héros via les dialogues ou son implication dans les cinématiques, nous plonge au cœur de Yara et du combat des guérilleros. Les nouveautés apportées dans cet opus sont les bienvenues mais restent pour certaines trop optionnelles, à l’instar du type de balle auquel est sensible un ennemi.

Les environnements et décors sont globalement très jolis et c’est la première fois que je m’attarde autant sur le mode photo du jeu. On notera toutefois les problèmes récurrents dans la série : tearing, clipping, chute de framerate, collisions (un char d’assaut qui reste bloqué par un petit bloc de pierre…), etc.

Ubisoft Montréal a su puisé dans ses ressources pour tenter de nous proposer quelque chose de nouveau, d’innovant et d’inoubliable comme a su l’être Far Cry 3 à son époque. Mais le pari reste selon moi à moitié réussi…

Points positifs :

  • Une attention particulière portée au héros (dialogues, implications dans les cinématiques)
  • Une immersion globale réussie
  • Les supremos donnant un sentiment de pouvoir
  • « Toutes les compétences » dès le début du jeu
  • De jolis environnements variés et immersifs
  • Certains amigos vraiment déjantés
  • L’attribution des compétences qui passent par les vêtements que l’on porte
  • Ca reste toujours aussi fun de dégommer des ennemis
  • Les déplacements en cheval
  • Jouable intégralement en coopération (même si certains trophées ne se débloquent que pour l’hôte…)

Points négatifs :

  • Un méchant peu charismatique
  • Une trame générale classique
  • Clipping, tearing, chute de framerate…
  • Quelques problèmes de collisions et de physiques
  • Une IA toujours aux fraises (le mode difficile se contentant d’infliger plus de dégâts)
  • Les achats in-game pour afficher certains collectibles…
  • Des objectifs de missions redondants et ennuyeux
  • Pas mal de bugs de validation/acceptation/déclenchement de quêtes
  • Ou est passé Hurk ?
14/20

Laisser un commentaire sur cet article

Vous voyez ce message parce que vous n'êtes pas connecté(e). Si vous postez un commentaire, celui-ci sera en attente de modération et ne sera pas visible immédiatement.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.