Test réalisé sur PlayStation 5, après 15h de jeu, avec une version fournie par PlayStation France.
Un an après son lancement, Ghost of Yōtei s’offre une seconde vie avec la Complete Edition, qui ajoute l’extension Échos de Sekigahara et le mode survie Most Wanted.
A noter que je ne reviendrai pas sur les éléments fondateurs du jeu de base. Vous pouvez consulter mon test complet de Ghost of Yōtei à cette adresse
Échos de Sekigahara ou le passé d’Atsu qui resurgit
Le cœur d’Échos de Sekigahara tient dans son écriture. Tout part d’une prime liée à Nagato, ancien compagnon d’armes d’Atsu à Sekigahara, dont la présence dans les plaines d’Ezo ramène l’héroïne vers un passé qu’elle préférait oublié.
L’histoire alterne entre le présent, dans une vallée inédite jadis occupée par Le serpent (il faut d’ailleurs avancer dans l’aventure principale jusqu’à battre le serpent pour pouvoir profiter de cette extension) et ses fidèles, les Vipères, et des flashbacks consacrés à la bataille de Sekigahara.
Ces séquences poignants éclairent la jeunesse d’Atsu et donnent quelques éléments supplémentaires par rapport à sa vengeance. Les thèmes de la culpabilité et de la rédemption y sont traités avec justesse, portés par l’excellente interprétation d’Erika Ishii, qui fait ressentir la distance entre la jeune guerrière et le Fantôme redouté. Dans Ghost of Yōtei, ces chapitres apportent une vraie cohérence au récit, au point d’avoir la sensation qu’ils ont été amputés au récit principal.
Des flèches, des armes massives et peu de surprises
Côté gameplay, Échos de Sekigahara apporte à Ghost of Yōtei deux nouveautés principales. D’abord les armes lourdes, ramassées sur les ennemis et améliorables grâce à une nouvelle branche de l’arbre de compétences, mais qui finissent par se briser après quelques usages. Efficaces pour balayer une foule, elles sont toutefois moins agiles que le reste de l’arsenal d’Atsu.
Ensuite, une capacité de tir à trois flèches simultanées, chacune se verrouillant sur un adversaire différent. La région est aussi parsemée de pièges, et les archers peuvent planter une flèche dans le bras d’Atsu, obligeant le joueur à la retirer avant de se soigner ou d’utiliser ses pouvoirs spirituels. Ces idées sont bienvenues, mais elles ne changent pas la nature des affrontements. Des nouvelles armures viennent apporter de nouvelles techniques (L1+R1) dont par exemple une qui déclenche une meute de loups sur vos adversaires.
Ghost of Yōtei reste fidèle à sa formule habituelle : le sentiment de déjà vu persiste, et Sucker Punch préfère une nouvelle fois la sécurité à la prise de risque. Les nouvelles armes lourdes ajoutent du spectacle, mais sans réellement transformer le combat en profondeur.
Most Wanted : la prime à la persévérance
Plus inattendu, Most Wanted est un mode de survie en solo, la version roguelike de Ghost of Yōtei. Le principe est simple : accepter une prime pour lancer une partie, puis affronter des vagues d’ennemis de plus en plus coriaces, avant d’en découdre avec l’un des Six de Yōtei. En début de partie, le personnage est réduit à ses capacités de base, et abattre des adversaires rapporte des bonus.
À la fin de chaque tentative, les pièces d’or gagnés servent à débloquer des compétences et par rebond de nouveaux héros. Atsu brille au double katana, Oyuki excelle au kusarigama, Nagato manie le yari, et le retour de Jin Sakai, héros de Ghost of Tsushima, fera plaisir aux fans.
Pour Ghost of Yōtei Most Wanted, le studio a choisit de miser sur la rejouabilité plutôt que sur l’histoire, chaque personnage offrant une façon différente de jouer. Mais finalement, en terminant les 6 primes vous arrivez quasiment au niveau 5 (max) et vous avez débloquez presque toutes les compétences. Personnellement, je suis venu à bout de ce mode en 3 heures. Peut-être qu’il s’étoffera plus tard… je l’espère en tout cas.
Une vallée à couper le souffle, et toujours ce shamisen
Visuellement, la vallée inédite d’Échos de Sekigahara reste fidèle à la direction artistique de Ghost of Yōtei : brumes, végétation dense et lumières rasantes qui font ressortir la silhouette du mont Yōtei.
La bande-son de Toma Otowa mélange toujours shamisen et accents de western, et le mode Watanabe gagne de nouvelles pistes pour accompagner les chevauchées. Le mode Kurosawa conserve son ambiance en noir et blanc. Autre ajout gratuit, le mode Beauté de Yōtei, dsiponible pour tous les joueurs, permet de contempler les paysages d’Ezo comme un économiseur d’écran. Sur le plan technique et sonore, Ghost of Yōtei garde son excellent niveau de finition, sans nouveauté majeure, mais sans fausse note non plus.
Un butin qui fait plaisir aux collectionneurs
Autour de l’histoire principale de Ghost of Yōtei, cette Complete Edition propose de nouvelles primes, des marchands de teintures et plusieurs tenues à débloquer, ce qui prolonge l’aventure de quelques heures.
Les amateurs de personnalisation apprécieront les nouvelles teintures et surtout l’option de transmogrification, qui permet de conserver l’apparence d’une armure tout en profitant des statistiques d’une autre. De nouveaux trophées récompensent les deux ajouts, le Nouvelle Partie + reçoit des cosmétiques inédits et le mode photo gagne de nouveaux tampons.
Côté accessibilité, une option de fort contraste arrive avec le correctif gratuit. Ces bonus rendent la Complete Edition de Ghost of Yōtei plus généreuse, même si l’essentiel de la valeur reposent sur l’histoire et sur le mode de survie Most Wanted.
Survire à Sekigahara…
Après une quinzaine d’heures passées sur Ghost of Yōtei et ses deux ajouts, mon sentiment est positif même si un peu mitigé. Échos de Sekigahara est la vraie réussite de cette Complete Edition : un récit sensible, une Atsu plus humaine et une nouvelle vallée superbe. Most Wanted séduit par sa boucle de jeu et ses héros variés, même si je l’ai bouclé en 3h.
J’avais complétement lâché l’aventure depuis l’obtention du trophée platine il y a un an. Je n’ai même pas pris de faire le raid du mode Legends ou une nouvelle Partie+ en mode Kurosawa comme je l’avais fait pour Tsushima. Et j’ai pris beaucoup de plaisir à me lancer dans ce nouveau chapitre de la vie d’Atsu. Mais j’ai toujours ce sentiment en tête, que le studio n’a pas pris de risques avec Ghost of Yōtei …
Toutefois il est difficile de ne pas recommander cette généreuse (complete) édition à tous les fans de Ghost of Yōtei.
Points positifs :
- Une écriture sensible et des flashbacks qui enrichissent Atsu
- Une nouvelle vallée superbe, dans la droite ligne du jeu de base
- Most Wanted : une boucle roguelike efficace avec quatre héros, dont Jin Sakai
- Les armes massives et le tir à trois flèches, des ajouts bienvenus
- Le mode Beauté de Yōtei, les nouvelles pistes Watanabe et la transmogrification en cadeau pour tous
Points négatifs :
- Une extension courte, qui laisse un goût de trop peu
- Un gameplay qui évolue peu et un sentiment de déjà vu toujours présent
- Most Wanted bouclé en 3 heures à 100%
- Une région plus modeste que celle de l’Île d’Iki










