Test réalisé sur PlayStation 5, après 15h de jeu, avec une version fournie par Mad Mushroom.

Hell Clock a débarqué sur PlayStation 5 cet été avec son mélange rare de roguelike nerveux et d’action-RPG à la Path of Exile, plongé dans un cadre historique aussi sombre qu’inédit.

Développé par le studio brésilien indépendant Rogue Snail et édité par Mad Mushroom, Hell Clock est disponible sur PS5 depuis début juillet, accompagné dès le lancement de sa première extension majeure, Cursed War. Fondé en 2014 par une équipe brésilienne basée à distance, Rogue Snail s’était déjà fait un nom avec Chroma Squad et la série Relic Hunters.

Le titre puise son inspiration dans un épisode particulièrement sombre de l’histoire du Brésil : la guerre de Canudos, à la fin du XIXe siècle, qui vit la répression brutale d’une communauté rebelle faire des dizaines de milliers de morts. On y incarne Pajeú, guerrier parti sauver l’âme de son mentor déchu, le Conseiller, en s’enfonçant toujours plus profondément dans le Purgatoire puis en Enfer.

Le concept central de Hell Clock, celui qui lui donne son nom, est aussi simple qu’efficace : une horloge infernale limite le temps que Pajeú peut passer dans les profondeurs à chaque run, et le ressuscite systématiquement lorsqu’il tombe au combat. Ce chronomètre s’interrompt intelligemment lors des pauses, des combats de boss et des rencontres spéciales, évitant toute frustration artificielle, et peut même être désactivé pour les joueurs qui préfèrent une expérience sans pression temporelle. Cette tension permanente entre exploration et urgence est probablement la meilleure idée du jeu, injectant un vrai sentiment de pression dans un genre où la précipitation est rarement récompensée. Et je dois dire que de mon côté, j’ai vraiment trouvé que la formule fonctionnait et pourtant je ne suis pas toujours adepte d’une mise en pression temporelle constante. Habituellement, j’aime bien prendre mon temps dans les jeux mais pour une fois j’ai apprécié l’expérience proposée par Hell Clock.

Côté gameplay, Hell Clock mise énormément sur la construction de build : équipement béni, reliques uniques et compétences se combinent pour créer des synergies variées, façon Path of Exile. La progression globale entre les runs permet d’acheter améliorations et équipements permanents dans son campement, une boucle addictive qui pousse naturellement à relancer une descente de plus.

Trois actes composent la campagne principale, chacun subdivisé en plusieurs étages et biomes distincts à traverser avant d’affronter un boss, souvent inspiré de personnages ayant réellement pris part au massacre historique qui sert de toile de fond au récit. Un mode Ascension, plus proche du roguelike traditionnel, propose une expérience encore plus corsée une fois la campagne terminée.

Le principal reproche que l’on peut adresser au titre concerne sa répétitivité structurelle. Si les biomes changent d’apparence au fil de la descente, les couloirs et salles qui les composent restent globalement similaires d’une run à l’autre, ce qui finit par créer une sensation de déjà-vu après quelques heures. L’endgame souffre également d’un déséquilibre notable : les ennemis y deviennent de véritables éponges à dégâts, forçant à retourner sans cesse peaufiner son build plutôt qu’à profiter du combat lui-même (un choix de design qui allonge artificiellement la durée de vie sans forcément satisfaire). Changer de configuration en cours de route reste par ailleurs fastidieux une fois les ressources utilisées dans un premier build, une friction regrettable pour un système par ailleurs bien pensé.

En définitive, Hell Clock est une très belle surprise, portée par un cadre historique assumé, une direction artistique percutante et un système de progression suffisamment riche pour happer les amateurs d’action-RPG pendant des dizaines d’heures. J’adore toujours autant les roguelikes de ce genre mais force est de constater que les innovations dans le genre se font en rare.

Le titre ne révolutionne pas franchement le genre et souffre de quelques errements en fin de parcours, mais son identité forte et son mélange de rigueur tactique et d’urgence permanente en font l’une des bonnes surprises.

Qu’est-ce qu’un Q.T.E. ?

16/20

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